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Par C.A., le 15 avril 2004 à 12h21, mis à jour le 15 avril 2004 à 14:32
Le service de webmail annoncé par Google au début du mois n'en est qu'à sa version bêta que certains veulent déjà le modifier. Le débat porte sur le financement du service, au moyens de pubs ciblées sur le contenu des messages envoyés.
© INTERNEQuinze jours après l'annonce de son lancement, Gmail, service de webmail de Google, reste un sujet très prisé. Plusieurs des quelques centaines de bêta-testeurs ont déjà publié de longues pages dans lesquelles ils testent le service, captures d'écran à l'appui : Gmail fait donc envie. Mais il inquiète aussi.
Avant même le lancement officiel de son webmail, certains réclament en effet qu'il soit largement modifié ou interrompu. Motif du litige : la publicité.
Ciblage de pubs
Gmail proposera en effet une capacité de stockage de 1Go, impressionnante si on la compare aux webmails existants. Pour financer cette offre, Google entend adapter son service AdSense aux e-mails, soit afficher des publicités sur le côté des messages, qui seront choisis en fonction du contenu de ceux-ci. Pour cela, un robot analysera les messages pour mieux cibler les annonces affichées.
C'est cette lecture des mails qui choque. Après plusieurs associations de défense des libertés, une sénatrice américaine s'est emparée du sujet. Elle estime que Gmail "s'appuie sur une mauvaise compréhension des besoins des consommateurs" et que "ce sont les publicitaires qui réclament un tel service, pas les internautes" : dénonçant l'intrusion de Google dans la vie privée de ses futurs utilisateurs, elle demande à l'entreprise californienne "d'abandonner cette idée".
Garanties
Google s'est empressé de calmer la polémique, sans pour autant changer de cap : son porte-parole a déclaré que les retours des bêta-testeurs et des "autres parties concernées" seraient écoutées avec attention et que des changements pourront être apportés au terme de la période de test, qui devrait durer de trois à six mois.
La société s'est toutefois défendue de toute volonté d'intrusion. Google a ainsi garanti à l'Electronic Frontier Foundation, une organisation très sourcilleuse sur ces questions, qu'elle ne garderait pas trace des analyses des messages faite par ses robots : aucun "dossier d'utilisateur" ne serait ainsi constitué.
Tous vos messages sont lus
Tempête dans un verre d'eau ? C'est ce que pensent plusieurs des internautes qui ont pu tester Gmail. L'un d'eux explique que les pubs sont moins intrusives que des pop-ups (elles s'affichent dans la marge) et que leur analyse des messages est des plus basiques. Un autre se demande quel est le bien-fondé de cette fronde : "tous les services de mails scrutent vos messages, ne serait-ce que pour dénicher les spams, détecter les virus et autres codes malicieux ou présenter correctement le message dans votre navigateur".
La seule source d'inquiétude résiderait ainsi dans la constitution de "profils d'utilisateurs". Google assure pour l'instant qu'elle ne constituera par de tels dossiers. Le débat actuel, même si un peu vain, aura au moins eu le mérite de réveiller la vigilance des internautes sur ce point sensible.
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