© INTERNEPour lutter contre le piratage auquel s'adonnent chaque jour des centaines de milliers d'internautes, pourquoi ne pas demander l'aide d'autres internautes ? C'est le principe de PeerFactor, la dernière initiative de l'association française RetSpan dans sa lutte contre le piratage. Elle consiste à rémunérer des internautes pour diffuser de faux fichiers sur les réseaux, qui redirigent les téléchargeurs vers des sites où le produit est vendu légalement.
La présentation de PeerFactor est très claire sur les intentions de RetSpan : "Le but est de piéger les internautes qui cherchent à pirater des contenus sur les réseaux P2P". Lancée début avril, l'opération a aussitôt suscité de vives réactions sur les sites et forums consacrés au peer-to-peer et au mp3. Le principe est en effet a priori dérangeant. Cela ne revient-il pas à monter certains internautes contre d'autres, lancer une mini guerre des religions sur le web, entre pirates et non pirates, en utilisant l'argent comme appât ?
Didier Wang, président de RetSpan, se défend pourtant de vouloir déclencher "une guerre entre les internautes" : "tout ce que nous faisons, c'est de proposer des idées pour lutter contre le piratage, en cherchant celle qui fonctionnera le mieux", explique-t-il. Même si sa solution est loin d'être finalisée, il est pour l'instant satisfait du retour : "Nous avons eu plus de 10.000 connexions en quelques semaines, et trois à quatre cents inscrits. L'image de Peerfactor n'est pas trop mauvaise : à part les fanatiques du p2p, un certain nombre de personnes se disent pourquoi pas ?".
L'appât du gain ?
Mais ne sont-elles pas plus motivées par l'argent que par la volonté de lutter contre un "fléau" ? Dans la présentation de PeerFactor, il est en effet expliqué qu'un volontaire peut gagner facilement 750 euros par mois, en comptant sur une rémunération de 0,05 euros par fichier distribué…"Pour faire du spoofing, l'industrie paye bien des entreprises chargées d'uploader les faux fichiers", se défend Didier Wang, qui lors de son entretien avec tf1.fr, a reconnu que l'appât du gain faisiat partie des motivations premières de ses volontaires.
Seulement, la rémunération est loin d'être assurée, car PeerFactor n'a pas encore trouvé tous ses partenaires. "Nous n'avons pas encore contacté tout le monde, et n'avons donc pas prévu de tarif particulier pour la commission", explique-t-il, ajoutant que "producteurs et distributeurs pourraient être intéressés : les premiers par la pollution suscitée, les seconds par la redirection vers leur site".
Ne pas punir, proposer
Peer Factor n'est en effet pas censé "être une opératrion punitive", insiste Didier Wang : "on n'a pas créé cela pour proposer une amnistie aux volontaires, ni pour identifier des pirates potentiels. On veut surtout proposer des alternatives". En effet, chaque faux fichier mènera vers une solution légale pour se procurer le contenu recherché. "On ne sait pas encore trop si une personne redirigrée achètera. Mais on compte sur ceux qui utilisent le p2p tout en sachant qu'il est néfaste".
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