© INTERNEUn doigt levé censé représenter l'attitude des internautes vis à vis de l'industrie musicale mis en prison. Ce devait être une campagne de sensibililsation, il n'en reste qu'une polémique. Accablée dès son lancement par les internautes à qui elle s'adressait, refoulée par plusieurs journaux, la dernière campagne du SNEP contre le téléchargement illégal avait eu une naissance difficile. Loin de s'émousser avec le temps, l'ire qu'elle suscite s'étend, au point d'agacer ceux-là même qu'elle est supposée défendre : les artistes.
"Une campagne indécente"
Ce lundi, en effet, plusieurs associations ont publié un communiqué dans lequel elles dénoncent la "politique du tout répressif" menée par l'industrie du disque et symbolisée par cette campagne. Parmi les signataires, on trouve des associations de consommateurs, tels l'Unaf, la ligue de l'Enseignement ou l'UFC-Que choisir, très actif dans ce débat. Mais surtout, des sociétés de gestion de droits (ADAMI ou SPEDIDAM) et des syndicats (Syndicat national des Musiciens FO, Union syndicale des artistes musiciens CGT) représentant les artistes.
Le ton du communiqué est très direct : il dénonce "la campagne indécente et irresponsable qui insulte et menace 20 millions d'internautes". Suit une condamnation de "la vision archaïque de l'Internet" que véhicule ainsi l'industrie du disque, et à laquelle les signataires aimeraient voir se substituer "des solutions innovantes qui soient acceptables par tous, favorisant l'émergence de nouveaux modèles économiques qui se substitueront à la gratuité des échanges".
Contre le lobbying
Par là, les signataires pensent probablement à une redevance prélevée sur les abonnements internet qui pemettrait de dédommager les maisons de disque. L'Adami s'est par exemple prononcée à de nombreuses reprises en faveur d'une telle solution. Les maisons de disques y sont fermement opposées : elles y voient une légalisation du téléchargement.
Les signataires ne manquent pas, dans leur communiqué, d'égratiner le gouvernement et le pouvoir des lobbys du disque. "Nous sommes POUR que, sur un tel sujet de société, soient entendues les voix des artistes et du public alors que n'est actuellement écoutée que celle des industriels". L'industrie a en effet été très suivie lors des débats sur la LEN, et le président comme les deux ministres de la Culture du gouvernement Raffarin ne cessent de manifester leur soutien aux industries culturelles contre le "danger du piratage".
Après les internautes, après les journaux, les artistes réfutent donc le doigt du SNEP, qui risque d'être vite rangé avec les nombreuses autres maladresses de l'industrie dans cette bataille qu'elle mène contre le peer-to-peer.
Le communiqué commun
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