Le dernier avertissement du disque aux internautes

Par C.A., le 04 mai 2004 à 17h05 , mis à jour le 05 mai 2004 à 13h24

L'industrie du disque a dévoilé mardi une nouvelle campagne de lutte contre le piratage. Exposant les risques encourus pour téléchargement illégal, elle est censée précéder les premières poursuites contre des "échangeurs".

Campagne publicitaire SNEP © INTERNE

Lors d'une conférence de presse mardi, Le Syndicat national de l'édition phonographique (SNEP) a lancé un nouveau "dernier avertissement" aux internautes qui échangent illégalement des fichiers musicaux sur les réseaux peer-to-peer. L'industrie a d'abord rappelé les mauvais chiffres du premier trimestre 2004 : plus de 20% de baisse en volume pour les albums, une baisse qui équivaut à "un retour aux chiffres de 1994 et 1996". Pour les représentants du Snep, la cause de ces mauvais résultats est "évidemment, l'échange de fichiers". Pour lutter contre ces pratiques, l'industrie a dévoilé une nouvelle campagne publicitaire.

Celle-ci montre un doigt levé derrière des barreaux. Sous le slogan "La musique gratuite a un prix", le rappel des peines encourues par toute personne poursuivie pour échange illicite : jusqu'à 3 mois de prison et 300.000 euros d'amende.

"Nous allons attaquer"

Ce n'est pas la première fois que l'industrie du disque menace ainsi de poursuivre les internautes. Mais cette fois, c'est la bonne, a assuré Hervé Rony, directeur général du SNEP : "les concepts moralisateurs et mignons ne marchent pas. L'internaute n'est pas forcément vertueux, beaucoup tiennent un discours violent envers notre industrie. Nous avons donc décidé d'informer clairement, une fois pour toutes", avant de lancer les poursuites. Certes, celles-ci n'auront pas lieu si, dans les semaines qui suivent la campagne publicitaire, "il y a à la fois effondrement du trafic peer-to-peer et hausse sensible des ventes de disques". Autant dire que l'option est déjà prise.

"Nous allons attaquer. Nous attendons juste le moment et l'opportunité de le faire", a expliqué Gilles Bressand, président du SNEP : "avant l'adoption de la LEN, il nous semblait difficile d'attaquer, car nous voulions être en mesure d'obtenir un soutien face aux Fournisseurs d'accès à Internet", dont le SNEP a encore une fois dénoncé l'attitude. Pour Hervé Rony, "les FAI se sont longtemps moqués de nous, en vendant du gratuit sur notre dos. Maintenant, ils sont dans l'obligation de coopérer".

"Il y aura le choix"

Flous sur la nature des "attaques", sur leur date et leur ampleur, les représentants de l'industrie du disque l'ont été plus encore sur l'offre légale censée offrir une alternative à l'échange gratuit. Alors qu'Hervé Rony s'emportait en martelant que "contrairement à ce qu'on dit, il existe aujourd'hui en France une alternative légale séduisante", Pascal Nègre et Olivier Montfort, d'Universal et Sony, expliquaient porter leurs espoirs sur les offres nouvelles d'Apple et Sony, prévues pour le mois de juin : "il y aura alors un vrai choix".

Pour Pascal Nègre, "les internautes auront bientôt le choix entre musique gratuite et payante. Dès qu'ils auront ce choix, nous attaquerons. La campagne est là pour les informer des risques qu'ils prennent : ils ne pourront plus dire qu'ils sont surpris".

Par C.A. le 04 mai 2004 à 17:05
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