"Devedjian ne parle pas du disque comme d'un bien culturel"

Par C.A., le 22 juin 2004 à 15h47 , mis à jour le 22 juin 2004 à 16h25

Rodolphe Buet, directeur du secteur "musique" à la FNAC, réagit pour tf1.fr aux propos de du ministre délégué à l'Industrie sur la crise du marché du disque.

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Dans une interview publiée lundi par Le Parisien, le ministre délégué à l'Industrie Patrick Devedjian s'en prenait à l'industrie du disque, estimant qu'elle avait sa part dans la crise que connaît actuellement le secteur. Il déclarait que les CD étaient trop chers et que le combat pour la baisse du prix de la TVA sur le disque était "d'arrière garde". Cette interview a suscité l'ire des producteurs. Rodolphe Buet, directeur du secteur musique à la Fnac, réagit pour tf1.fr aux propos du ministre.

tf1.fr : Quelle a été votre réaction en lisant l'interview de Patrick Devedjian ?

Rodolphe Buet : J'ai été consterné. D'abord par l'interview en général, car à aucun moment, le ministre ne parle du disque comme d'un produit culturel. Ensuite, par plusieurs points de détails. Par exemple, lorsqu'il explique qu'un prix raisonnable se calcule "compte tenu des risques de virus et de poursuites judiciaires" : et la valeur dune œuvre de création, le risque pris à développer un nouvel artiste ?

tf1.fr : Patrick Devedjian déclare que "réclamer la baisse de la TVA sur le disque est une bataille d'arrière-garde Or, la FNAC se bat depuis longtemps pour une telle baisse…

Ne considérer, comme le fait le ministre, la baisse de la TVA du seul point de vue de son efficacité économique, c'est occulter la raison d'être de ce combat. Obtenir la TVA à 5,5% c'est surtout obtenir que la musique soit considérée comme un bien culturel comme le sont les livres, en d'autres termes de mettre fin à la discrimination fiscale dont le disque est victime.

Je vois surtout dans cette déclaration un indice que les engagements présidentiels et gouvernementaux sur la baisse de la TVA ne seront pas tenus. Mais plutôt que d'avouer l'abandon, le ministre prend une posture agressive pour mieux faire passer la pilule.

tf1.fr : Mais n'a-t-il pas raison de dénoncer la politique des grandes maisons de disques, notamment face à la musique en ligne ?

Il y a certes des lacunes, des lenteurs, et il y a effectivement sujet à débat. Mais il ne faut pas se tromper de débat : les gens du disque font ce métier par passion. Et de l'autre côté, l'envie d'accéder à la musique n'a jamais été aussi forte. Ce qu'il faut aujourd'hui, c'est redéfinir les conditions économiques qui permettront un nouvel essor de la création. Le marché est dans une phase de mutation profonde, il faudra de la sérénité, du temps pour construire l'avenir, et pas des déclarations à l'emporte-pièce.

Par C.A. le 22 juin 2004 à 15:47
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