59 ans, ministre délégué à l'Industrie, en remplacement de Nicole Fontaine (photo : AFP/Patrick Kovarik). © INTERNEPatrick Devedjian n'aurait pu choisir date plus symbolique pour donner son coup de pied dans la fourmilière. Son interview accordée au Parisien, dans laquelle il souligne la responsabilité des maisons de disques dans la crise que traverse le secteur musical intervient certes au matin de la fête de la musique (voir notre article). Mais aussi le même jour qu'un chat auquel le ministre a été invité par… le SNEP, syndicat national de l'édition phonographique. Or, la filière musicale n'a pas beaucoup apprécié ses propos.
Incompréhension sur la TVA
Le SNEP a en effet promptement réagi à cette interview, et s'est poliment "étonné" des propos du ministre. Plus particulièrement, le syndicat ne comprend pas l'opinion de Devedjian sur la baisse de la TVA, qu'il a décrite comme un "combat d'arrière-garde". "Cet engagement a été pris par le président de la République et le Premier ministre, et a été récemment réaffirmé par le ministre de la Culture, sans aucune ambiguité", affirme le SNEP dans un communiqué.
Les indépendants sont pour leur part plus virulents : l'UPFI (Union des producteurs phonographiques français indépendants) s'est déclaré "consterné" par les propos du ministre. Dans un communiqué, l'organisation conteste les déclarations de Devedjian sur le prix excessif du disque, expliquant qu'il "a doublé en 30 ans alors que dans le même temps, les prix à la consommation ont été multipliés par cinq".
"Tirer l'industrie vers le haut"
L'UPFI estime en revanche que "le ministre de l’Industrie a raison de considérer que l’industrie du disque est trop concentrée entre les mains de quelques multinationales". C'est ce que semblent penser de nombreux internautes, sur plusieurs forums, qui se disent soulagés de voir un ministre s'affranchir du discours des grandes maisons de disques. "Bravo, M. Devedjian : l'attitude des maisons de disques est inadmissible, elles doivent absolument se remettre en question", écrit l'un d'eux sur le site de tf1.fr
Tariq Krim, qui a réalisé une étude sur le peer-to-peer pour l'ADAMI (voir notre article), trouve pour sa part le revirement de Devedjian "plutôt positif" : "l'enjeu aujourd'hui, c'est de créer un marché de la musique en ligne qui soit attractif, de susciter la création de centaines de services en France. Nos labels ne sont pas assez pro-actifs sur un marché bourgeonnant qui va nous échapper. Si c'est cela que le ministre a voulu dire, cela veut dire qu'il fait son travail, soit tirer les entreprises françaises vers le haut".
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