Chine : SMS sous surveillance

Par L.V., le 02 juillet 2004 à 16h35 , mis à jour le 02 juillet 2004 à 17h01

Les autorités chinoises ont récemment homologué un système de surveillance des échanges par mini-messages. Grâce à lui, les "fausses rumeurs politiques" et les "propos réactionnaires" pourraient être automatiquement dénoncés à la police.

AFP © INTERNE

Les Chinois envoient environ 220 milliards de SMS par an, soit plus de la moitié des SMS circulant dans le monde. A Pékin ou à Canton, le taux d'équipement en téléphone portable atteint 60% de la population. Après les médias et l'Internet, les autorités chinoises ont donc trouvé un nouveau dragon à museler. Il y a deux semaines, l'entreprise Venus Info Tech Ltd. a obtenu l'aval de Pékin pour commercialiser un système de surveillance des SMS, traquant automatiquement les "fausses rumeurs politiques" ou les "propos réactionnaires".

Selon Reporters sans frontières, qui cite le communiqué de la société chinoise, l'invention "fonctionne à l'aide d'algorithmes de filtrage créés par l'Académie des sciences de Chine basés sur des mots-clés et des combinaisons de mots-clés. Il génère automatiquement des alertes à destination de la police et stocke des informations complètes sur les textos suspects — date de l'envoi, émetteur du message, etc. — pendant 60 jours".

65% du marché

La régulation "politique" des échanges par téléphonie mobile ne doit pour l'instant être mise en œuvre que par l'un des deux opérateurs chinois, China Mobile Corporation. Mais comme celui-ci gère 65% du marché, son fonctionnement risque de devenir une norme industrielle.

Les SMS font déjà, depuis l'année dernière, l'objet d'une attention particulière de la part des autorités chinoises. Lorsque le SRAS s'était mis à se répandre rapidement à travers le pays en mai 2003, des millions de Chinois, bravant le black-out des autorités, s'étaient échangés alertes, dénonciations et informations. La police avait arrêté une douzaine de personnes, coupables d'avoir propagé des "fausses rumeurs" par SMS.

Au début du mois de juin, le ministère de la Sécurité publique avait annoncé le lancement d'un programme de lutte contre les escroqueries par mini-messages qui, paraît-il, pullulent dans le gigantesque marché de la téléphonie chinoise. Mais ce sont les Chinois qui contestent le bien-fondé de la politique du gouvernement qui risquent, en premier, d'en faire les frais.

Photo : Peter Parks - AFP

Par L.V. le 02 juillet 2004 à 16:35
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