La Convention démocrate consacre les blogs

Par C.A., le 26 juillet 2004 à 15h58 , mis à jour le 26 juillet 2004 à 17h39

La Convention démocrate est le premier événement politique américain pour lequel des bloggers ont été accrédités aux côtés des journalistes traditionnels. Une marque de reconnaissance pour ces micro-médias à l'importance grandissante.

AFP © INTERNE

Un mois avant son lancement, la Convention démocrate 2004 était déjà inscrite dans l'histoire des médias américains. Fin juin, en plus des milliers de journalistes présents, ses organisateurs ont décidé d'accréditer quelques dizaines de bloggers pour qu'ils couvrent l'événement, légitimant ainsi une nouvelle forme de média qui a su non seulement gagner une place dans la politique, mais est plus généralement devenu un appoint reconnu au journalisme américain.

Micro journalistes

La popularité des weblogs n'est plus à démontrer : on dénombre des millions de ces carnets en ligne à travers le monde. Certains ont, par leur assiduité et leur pertinence, réussi à sortir du lot et ont gagné une popularité qui n'a rien à envier à certains médias traditionnels. Le 11 septembre, la guerre en Irak ont ainsi permis l'émergence, aux Etats-Unis, de weblogs politiques très engagés, et qui ne demandaient qu'à s'investir plus. Les démocrates, en accréditant certains de ces webloggers, viennent de leur en offrir l'opportunité et par là même l'occasion de gagner leurs lettres de noblesses. Une étape décisive pour ces "micro-journalistes" et pour les weblogs en général, qui avaient déjà fait preuve de leur efficacité en servant de tremplin à Howard Dean, candidat au primaires démocrates.

Quelle légitimité ?

Les bloggers accrédités ont pour la plupart une idée assez précise de la manière dont ils comptent faire fructifier cette opportunité et profiter de leur accréditation : parler de ce que les médias traditionnels négligent, occultent, survolent. "Nous parlons rarement aux sources traditionnelles, car nous avons l'habitude de ne pas y avoir accès", résume l'avocat et weblogger Tom Burka au New York Times. Parfois journalistes en freelance, souvent amateurs éclairés et passionnés, ils savent qu'ils peuvent avoir une influence non négligeable sur la façon dont la convention sera perçue.

Pour certains, le fait même qu'ils aient été accrédités les établit comme faisant partie du monde de la presse. Cette légitimité est cependant encore mise en doute par de nombreux journalistes, qui estiment que s'ils ont pour eux leur passion, ils n'ont pas le souci d'objectivité requis par le métier.

Les républicains aussi ?

Ce débat, les politiques préfèrent pour l'instant l'ignorer : ils savent qu'en laissant des webloggers couvrir la convention démocrate, ils s'offrent une plus grande visibilité, et un regard neuf sur un événement politique déjà bien rodé. Les républicains ont laissé entendre qu'à leur tour, ils ouvriraient leur porte à ces nouveaux médias.

Les weblogs, eux, ont su profiter de l'événement. Un site (http://www.conventionbloggers.com/) permet déjà de suivre au fil de leur publication les billets rédigés par les bloggers accrédités.

A chaque parti son weblog

Suivant l'exemple d'Howard Dean, qui a le premier su montrer l'efficacité des weblogs pour assurer la présence d'un candidat sur Internet, démocrates comme républicains ont mis en place des weblogs en plus de leurs traditionnels sites de campagne. En plus d'avoir accrédité des bloggers, la Convention démocrate a mis en place un weblog officiel.

George W. Bush : http://www.georgewbush.com/blog/
John Kerry : http://blog.johnkerry.com/
Convention démocrate : http://www.dems2004.org/

Par C.A. le 26 juillet 2004 à 15:58
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