Musique en ligne : l'entente cordiale

Par Christophe ABRIC, le 28 juillet 2004 à 12h48 , mis à jour le 28 juillet 2004 à 13h58

L'industrie de la musique et les fournisseurs d'accès à Internet ont signé mercredi matin à l'Olympia une charte anti-piraterie. Elle prévoit des mesures contre les pirates, mais tend surtout à développer une offre légale de musique en ligne.

[Expiré] internet musique charte sarkozy vabre AFP DANIEL JANIN © INTERNE

Dans les couloirs de l'Olympia, Patrick Leleu, directeur général de Noos, confie être "soulagé". Un peu plus tard, pour ouvrir la réunion, Nicolas Sarkozy félicitera les signataires de la charte anti-piraterie pour leur "ténacité et leur patience" face à un texte qui fut long à finaliser. Les négociations de lundi entre les fournisseurs d'accès à Internet (FAI) et les responsables de la filière musicale ont été, aux dires de tous, très longues. Entamées à midi, elles ne se sont terminées que peu avant minuit, avec un texte qui semble satisfaire l'ensemble des signataires.

Après la guerre froide qui a longtemps régné entre le disque et Internet, tout le monde vante une nouvelle entente cordiale. "C'était un des buts de cette charte", souligne Stéphane Markovitch de l'Association des fournisseurs d'accès (AFA). De fait, des efforts ont été consentis de part et d'autre. Les FAI ont accepté de jouer un plus grand rôle dans la prévention à travers la communication et ont accepté de faire jouer leurs clauses de contrats dans les déconnexions de pirates.

"Balayer des stigmatisations"

L’industrie du disque a pour sa part accepté de signer un texte moins sévère que son discours traditionnel. Nicolas Sarkozy, Patrick Devedjian et Renaud Donnedieu de Vabres, tous trois présents, souligneront ainsi tour à tour que cette charte est "surtout un point de départ commun à partir duquel pourront se développer une offre légale et l'éducation nécessaire pour que les internautes s'y dirigent", selon les mots du ministre de la Culture. Patrick Devedjian a pour sa part souligné que la charte a "l'avantage de balayer des stigmatisations" : non seulement il faut "reconnaître les préoccupations légitimes de l'industrie du disque, mais il faut aussi éviter de faire de l'Internet et des internautes des boucs émissaires".

Le texte de la charte ménage ainsi la chèvre et le chou : il insiste avant tout sur l'optimisation et le développement d'une offre légale, tout en prévoyant des mesures contre la piraterie. A la Sacem, on explique ainsi "que le but premier de cette charte, c'est de permettre l'essor de l'offre légale". Mais des dispositions sont prévues pour avertir les pirates que leurs activités ont été signalées et pour procéder à des ruptures d'abonnements. La charte prévoit également la nomination d'experts qui devront étudier la possibilité d'un filtrage des réseaux peer-to-peer. Des intentions claires et une ligne directrice commune, mais dont l'application risque d'être plus fastidieuse que l'enthousiasme de mercredi matin le laissait entendre.

Photo d'ouverture : Nicolas Sarkozy, Renaud Donnedieu de Vabres et Patrick Devedjian s'exprimant à l'Olympia, avant la signature la charte - AFP / DANIEL JANIN

Par Christophe ABRIC le 28 juillet 2004 à 12:48
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