
A la sortie de la conférence de presse tenue pour le lancement du site fnacmusic.com (voir notre article), chaque journaliste s'est vu remettre, en plus du dossier de presse, un CD-RW. Peu avant, Christophe Cuvillier, directeur des développements de la Fnac, s'était désolé que les morceaux achetés sur son site ne soient pas, malgré ses efforts, compatibles avec tous les baladeurs mp3 du marché (l'iPod, pour n'en citer qu'un). Pour passer outre cette absurdité, il a ouvertement conseillé de graver les morceaux achetés pour les recompresser dans un format libre.
Les maisons de disques trop rigides
C'était un geste osé, et annoncé comme tel, alors que les représentants des maisons de disques étaient présents dans la salle. Mais la Fnac, qui s'était voulue le héraut de l'interopérabilité avant l'été, tient à souligner aujourd'hui que son échec dans cette bataille n'est pas son fait.
"L'interopérabilité, c'est la liberté du consommateur. Aujourd'hui, on nous impose l'inverse", a déploré Christophe Cuvilier, qui décrit la situation actuelle comme "absurde". La Fnac blâme certes ces constructeurs "qui verrouillent leur formats en espérant devenir le standard de demain", mais aussi les maisons de disques. "Nous avons créé un logiciel de transcodage, qui permettait de passer outre ces limitations. Mais les maisons de disques s'y sont refusées, car pour qu'il fonctionne, il fallait baisser le niveau de protection des morceaux. Nous condamnons cette exigence. Les maisons de disques se trompent lourdement, elles ont commercialement tort : c'est le pragmatisme qui devrait l'emporter, pas le dogmatisme".
Charte anti-piratage inutile ?
La Fnac ne renonce pas pour autant. Elle continuera un "lobbying" intense auprès "de toutes les parties", notamment auprès d'Apple qui s'obstine à verrouiller son iPod. La marque s'attache d'autant plus à l'interopérabilité qu'elle a réussi à faire inscrire cet objectif dans la charte anti-piratage signée cet été avec les acteurs de la musique et d'Internet. Visiblement, cela n'aura pas eu l'effet escompté.
En attendant, la Fnac conseille donc de contourner les protections installées sur son propre site : une attitude qui souligne, si besoin était, l'absurdité qu'imposent les protections numériques. Dix jours auparavant, c'est Microsoft qui conseillait de graver des CD pour mettre ses morceaux sur des iPod : le monde à l'envers…
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