Pour Manu Chao, les majors sont condamnées

Par AFP, le 29 octobre 2004 à 16h35 , mis à jour le 29 octobre 2004 à 17h26

Le peer-to-peer, le téléchargement ? Pour Manu Chao, c'est "inévitable". Le chanteur estime que les grosses maisons de disques "meurent de leur propre loi", la loi du marché, et réagissent en "bête blessée" en poursuivant des internautes en justice.

manu chao live © INTERNE

"Les grosses maisons de disques sont en train de mourir, il n'y a plus de place pour elles. C'est comme la fin des dinosaures: il y a un changement de climat". Le chanteur Manu Chao a une opinion bien arrêtée sur l'état du marché de la musique aujourd'hui.

Pour lui, les majors se mordent la queue. Le téléchargement gratuit "est inévitable, c'est la marche du temps", a-t-il expliqué à l'AFP avant la sortie en librairie lundi 1er novembre, de "Sibérie m'était contéee", recueil de textes, dessins et chansons élaboré avec le dessinateur Wozniak. "C'est obligé, c'est la loi du marché. C'est le capitalisme qui a inventé ça : on choisit le moins cher! Ils sont en train de mourir de leur propre loi".

Les majors et les indépendants

Pour Manu Chao, les poursuites judiciaires engagées par les responsables de l'industrie du disque contre les internautes utilisateurs des réseaux d'échange peer-to-peer constituent "la preuve la plus totale qu'ils sont perdus" : "C'est débile, ridicule, c'est une réaction de bête blessée", juge le chanteur, qui avait sorti une version courte de "Sibérie m'était contéee" fin septembre en kiosque, hors du circuit de distribution classique des maisons de disques.

Manu Chao fait cependant une distinction entre "majors" et petits labels indépendants: "Les grosses boîtes morflent mais les petites aussi. C'est là qu'il faudrait une éthique du public : que les jeunes piratent les gros comme moi, mais qu'ils fassent l'effort d'acheter chez les petits labels".

L'importance de la scène

"Mais ce n'est pas perdu pour tout le monde, poursuit-il. La grosse industrie qui vend les petites machines à pirater, genre iPod, se fait des 'couilles en or'. C'est un pan de l'industrie qui se casse la gueule pour un autre qui se frotte les mains." "La seule chose qui n'est pas piratable, c'est la scène. Il va y avoir une sélection naturelle terrible: ce sera plus facile de vivre pour les musiciens qui savent se défendre sur scène que pour ceux qui ne dépendent que du disque", conclut le chanteur.

Le contrat qui liait Manu Chao (ancien de la Mano Negra) à la maison de disques Virgin depuis 1989 a expiré en 2003. Il a créé sa maison de production, Radio Bemba (et son pendant pour l'édition, Les Mille Paillettes), dont il a confié la gestion à son agent et tourneur, Corida.

Par AFP le 29 octobre 2004 à 16:35
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