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"Pirates", le ministère vous parle

Edité par avec
le 21 décembre 2004 à 12h29 , mis à jour le 21 décembre 2004 à 12h29.
Temps de lecture
4min
Capture d'écran p2P peer-to-peer

Crédits : INTERNE

High-TechPatrick Devedjian a présenté mardi une nouvelle campagne de sensibilisation contre le peer-to-peer : de faux fichiers musicaux contenant un message d'avertissement sont diffusés sur les réseaux.

La nouvelle initiative française contre les réseaux peer-to-peer a fait sourire l'industrie du disque. Assis face au ministre délégué à l'Industrie Patrick Devedjian, ses représentants n'ont pu étouffer un petit rire satisfait lorsque la voix d'Ariel Wizman s'est faite entendre : au beau milieu d'un morceau de musique téléchargé sur eDonkey, l'animateur fait la leçon à "l'internaute pirate" : "Vous venez de tenter de télécharger un fichier musical protégé. Ce faisant, vous faites courir des dangers (...) aux artistes et à l'industrie musicale". Le téléchargeur peut être identifié, et risque en outre d'infecter son ordinateur, rappelle en outre le message.

"Modeste et concret"

C'est la dernière campagne de "sensibilisation sur les risques de la piraterie numérique", initiée par le ministère de l'Industrie. Elle reprend une vieille méthode, le spoofing, qui consiste à placer de faux fichiers musicaux sur les réseaux peer-to-peer pour duper l'utilisateur. 100.000 fichiers contenant le message de Wizman devraient être ainsi envoyés sur les réseaux. Un projet "modeste et concret", a expliqué mardi matin Patrick Devedjian, qui s'est félicité que, quelques mois après la signature de la charte contre le piratage, on ait pu parvenir à "une coopération technique entre fournisseurs d'accès à Internet, qui apportent leur espace serveur, et ayants droits de la musique, qui fournissent les fichiers supports".

S'il s'est montré assez heureux de cette initiative, le ministre a néanmoins tenu à en souligner les limites : parmi celles-ci, le fait que "le message fait la promotion de l'offre légale, alors que celle-ci ne propose, à ce jour, qu'une faible partie des répertoires musicaux existants".

Les limites de l'offre légale

Cette pique a suffi pour faire de l'offre légale et de ses limites le sujet dominant des interventions. Après la conférence, Hervé Rony, président du SNEP, répétait à qui voulait l'entendre que "le nombre limité de titres est une fausse excuse car c'est surtout le top 50 qui est téléchargé". Mais face au ministre, il a concédé que le peer-to-peer "pose le problème de l'exhaustivité : inévitablement, il faudra que tout soit en ligne sur les offres légales".

Un représentant de la FNAC a pointé les nombreuses lacunes de l'offre légale : "les maisons de disques nous obligent à vendre à perte et si les plateformes ne peuvent pas tenir, il n'y aura plus d'offre", a-t-il expliqué. Il a également pointé "l'absence de nouveautés qui décourage des clients potentiels", ainsi que "l'absence de compatibilité avec certains baladeurs".

Hervé Rony a eu beau tenter de minimiser l'impact des baladeurs ("peu de gens en ont"), l'interopérabilité des formats protégés est revenue régulièrement comme l'écueil principal sur lequel butent les offres légales. Patrick Devedjian a expliqué avoir commandé un rapport sur le sujet à deux experts, il y a déjà trois mois. "Mais c'est un sujet compliqué… ils ont du mal", a-t-il concédé.

Une nouvelle campagne

Le SNEP a annoncé, lors de cette conférence de presse, le lancement prochain d'une nouvelle campagne d'affichage dans laquelle douze artistes prendront position contre le peer-to-peer. Questionné en coulisses sur le sujet, Hervé Rony n'a pas souhaité révéler le nom des artistes y participant, mais a admis que ce n'était pas facile : "les artistes n'osent pas dire du mal des pratiques de leur public, ils ne peuvent pas se le permettre. C'est donc à nous, les producteurs, de faire le sale boulot. Mais nous avons réussi à en positionner quelques-uns…"

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