© LCIIl y a eu les appels aux dons, les vidéos amateurs, les recherches de disparus… Internet a joué un rôle non négligeable dans l'après-tsunami, servant de relais aux appels à l'aide, à la mise en place de l'assistance. Il était cependant inévitable que sur le même réseau apparaissent rumeurs et arnaques en tout genre dont le web n'est que trop familier.
Phishing
Lundi matin, le groupe de cartes de crédit Mastercard mettait ainsi officiellement en garde contre les arnaques aux dons qui se servent du phishing pour duper les internautes : cette technique consiste à faire de fausses pages internet ressemblant parfaitement, jusque dans l'adresse, à des sites officiels, pour recueillir virements ou coordonnées bancaires. "Nous avons malheureusement identifié de nombreux sites qui tentent de profiter de la compassion des gens", a déclaré le vice-président de la sécurité et des risques chez MasterCard International.
"Les arnaqueurs ont clairement amélioré leurs techniques", confirme Guillaume Champeau, responsable du site HoaxBuster.com, spécialisé dans la traque des rumeurs : "alors qu'avant, les arnaques étaient grossières, sans mise en forme, bourrées de fautes d'ortographe, elles se déguisent aujourd'hui assez bien pour duper l'internaute non averti", poursuit-il. "Le souci, c'est que les gens restent très méfiants lorsqu'il s'agit de faire des achats sur des sites pourtant sécurisés, mais oublient toute prudence quand il s'agit de faire des dons. Cela nuit à la solidarité sur Internet", déplore-t-il. Pour lui, le seul moyen d'être sûr de ses dons "est d'aller de soi même sur le site des ONG. Elles ont assez de moyens pour ne pas avoir besoin d'envoyer de mails pour trouver des donateurs"…
Hors contexte
Les arnaques à la carte ne sont pas les seules rumeurs à circuler sur internet. Comme pour chaque événement important, de vieux appels à l'aide depuis longtemps caducs, de fausses photos circulent… Comme un montage presque holywoodien montrant une vague haute de plusieurs étages s'apprêtant à engloutir un gratte-ciel à Phuk, où les vagues n'ont pas dépassé les quatre mètres, et où le building en question n'existe pas. D'autres photos montrent d'impressionnnantes vagues fondre sur une foule de spectateurs… sur un lieu touristique Chinois, en 2002.
"La plupart des internautes n'ont pas le réflexe de vérifier une info, ils transmettent avant, même si elle est douteuse". Ainsi, l'appel pour un enfant perdu dans le désastre continue à circuler alors qu'il a été retrouvé depuis déjà plusieurs jours. Rien de bien nouveau, en somme, juste des rumeurs qui s'adaptent au drame du moment, et reprennent les mêmes schémas : alors que certains voyaient le visage du diable dans la fumée des tours du World Trade Center, des musulmans sri-lankais croient voir le nom "Allah" inscrit dans les vagues… Pour Guillaume Champeau, ce n'est pas fini : "vous verrez, quand l'émotion sera retombée, vous verrez apparaître des blagues et des montages".
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