
tf1.fr : Le 14 janvier, Louis Chédid demandait dans une publicité à ce qu'on le télécharge légalement. Or, son dernier album n'était pas disponible ce jour-ci sur les plateformes légales… Que s'est-il passé ?
Marc Thonon : Lorsque ces plateformes ont été lancées, les conditions qu'elles proposaient aux indépendants n'étaient pas les mêmes que pour les majors : elles nous pénalisaient. Ce n'est que lorsque nous avons réussi à obtenir les mêmes conditions que nous nous sommes investis sur ce marché. Nous avions du retard à rattraper. Lorsqu'on nous a demandé un artiste volontaire, tout n'était pas prêt. Louis Chédid a accepté le 22 décembre : le contrat n'était pas renégocié et on était dans une période durant laquelle il est difficile de faire avancer les choses. La campagne nous a donc un peu pris de cours. Mais nous avons corrigé le tir, et l'album est disponible sur les principales plates-formes ce week-end.
tf1.fr : Les albums de nombreux artistes participant à cette campagne ne sont pas disponibles sur l'iTunes Music Store, alors qu'ils le sont sur les autres plates-formes…
M.T. : Apple constitue un cas à part. Cela reste une société américaine, avec une vision encore très exotique de l'Europe, où ils n'imaginent pas la moindre diversité musicale. Il y a un seul responsable pour toute la région, la plupart du temps injoignable. Sur la chanson française, les sites locaux ont aujourd'hui un avantage certain.
tf1.fr : Comment expliquer les actuels cafouillages sur l'offre légale ?
M.T. : C'est un marché très jeune, qui n'existe vraiment que depuis la fin septembre. Et c'est surtout un métier tout nouveau, avec des contraintes inédites : d'un côté nous n'avons aucun contrôle sur les prix, de l'autre une responsabilité vis-à-vis de nos artistes. Il y a heureusement une bonne volonté des deux côtés. Nous travaillons dur pour nous mettre à niveau, et les artistes se lancent, même si les revenus sont minuscules : on compte en centimes d'euros.
Nous plaidons coupable, nous avons tardé à réagir. Mais le producteur, qu'il soit petit comme moi, ou plus gros, reste un artisan mis face à une technologie face à laquelle nous n'avons d'abord pas su nous organiser. Mais on se rattrape. Et en quatre mois, je trouve que l'effort est visible. Il va falloir faire un bilan tous les 6 mois, je suis persuadé que les améliorations seront très tangibles.
Photo d'ouverture : Louis Chedid en tête d'affiche de la campagne "téléchargez-moi légalement" - DR
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