"L'effort est visible"

Par Christophe ABRIC, le 22 janvier 2005 à 21h30 , mis à jour le 24 janvier 2005 à 17h36

Marc Thonon est le président d'Atmosphériques, un label indépendant en charge de Louis Chédid, dont le dernier album n'était pas disponible au moment du lancement de la campagne pour le téléchargement légal. Il nous explique pourquoi, et nous donne son point de vue sur l'offre actuelle.

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tf1.fr : Le 14 janvier, Louis Chédid demandait dans une publicité à ce qu'on le télécharge légalement. Or, son dernier album n'était pas disponible ce jour-ci sur les plateformes légales… Que s'est-il passé ?

Marc Thonon : Lorsque ces plateformes ont été lancées, les conditions qu'elles proposaient aux indépendants n'étaient pas les mêmes que pour les majors : elles nous pénalisaient. Ce n'est que lorsque nous avons réussi à obtenir les mêmes conditions que nous nous sommes investis sur ce marché. Nous avions du retard à rattraper. Lorsqu'on nous a demandé un artiste volontaire, tout n'était pas prêt. Louis Chédid a accepté le 22 décembre : le contrat n'était pas renégocié et on était dans une période durant laquelle il est difficile de faire avancer les choses. La campagne nous a donc un peu pris de cours. Mais nous avons corrigé le tir, et l'album est disponible sur les principales plates-formes ce week-end.

tf1.fr : Les albums de nombreux artistes participant à cette campagne ne sont pas disponibles sur l'iTunes Music Store, alors qu'ils le sont sur les autres plates-formes…

M.T. : Apple constitue un cas à part. Cela reste une société américaine, avec une vision encore très exotique de l'Europe, où ils n'imaginent pas la moindre diversité musicale. Il y a un seul responsable pour toute la région, la plupart du temps injoignable. Sur la chanson française, les sites locaux ont aujourd'hui un avantage certain.

tf1.fr : Comment expliquer les actuels cafouillages sur l'offre légale ?

M.T. : C'est un marché très jeune, qui n'existe vraiment que depuis la fin septembre. Et c'est surtout un métier tout nouveau, avec des contraintes inédites : d'un côté nous n'avons aucun contrôle sur les prix, de l'autre une responsabilité vis-à-vis de nos artistes. Il y a heureusement une bonne volonté des deux côtés. Nous travaillons dur pour nous mettre à niveau, et les artistes se lancent, même si les revenus sont minuscules : on compte en centimes d'euros.

Nous plaidons coupable, nous avons tardé à réagir. Mais le producteur, qu'il soit petit comme moi, ou plus gros, reste un artisan mis face à une technologie face à laquelle nous n'avons d'abord pas su nous organiser. Mais on se rattrape. Et en quatre mois, je trouve que l'effort est visible. Il va falloir faire un bilan tous les 6 mois, je suis persuadé que les améliorations seront très tangibles.

Photo d'ouverture : Louis Chedid en tête d'affiche de la campagne "téléchargez-moi légalement" - DR

Par Christophe ABRIC le 22 janvier 2005 à 21:30
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