© INTERNEL'année dernière fut pour le Midem celle d'un virage idéologique important : après avoir rendu les nouvelles technologies responsables de tous ses maux, l'industrie du disque commençait enfin à envisager que celles-ci puissent être source de nouveaux débouchés. L'édition 2005 du grand raoult cannois du disque sera l'occasion de confirmer ce nouvel angle.
Ce samedi, lors du sixième MidemNet, les acteurs de l'industrie devraient insister sur les axes de développement promis dans ces secteurs. Tout en continuant à lutter contre le téléchargement illégal, le disque compte maintenant promouvoir et développer l'offre légale. Les plateformes se sont multipliées en 2004, et le secteur commence à se structurer. Selon la Fédération internationale de l'industrie phonographique (IFPI), le marché de la musique digitale pourrait représenter le quart des ventes de musique dans cinq ans, contre 1 à 2% actuellement.
Musique sur mobile
L'arrivée de la téléphonie de troisième génération (3G) offre également de nouveaux débouchés: téléchargement de morceaux mais aussi de vidéos (clips, concerts...) en plus du marché des sonneries musicales. Selon une étude du cabinet Forrester citée par l'opérateur SFR, la téléphonie mobile pourrait représenter le quart du marché de la musique en France en 2007.
Malgré ces perspectives encourageantes à moyen et long terme, l'industrie du disque reste préoccupée par les effets immédiats de la crise. Ainsi, l'Union des producteurs phonographiques français indépendants (UPFI) a demandé un plan d'urgence au gouvernement, via des mesures fiscales et sociales évaluées à 15 millions d'euros par an sur trois ans.
Quid des indépendants ?
Même si les indépendants, auxquels le MIDEM consacrera la journée de lundi, semblent moins touchés (les grosses structures ont tiré leur épingle du jeu en récupérant certains artistes ou activités abandonnés par les "majors", qui, face à la crise, limitent leurs dépenses), l'UPFI estime que les plus petites structures sont fragiles. Plusieurs distributeurs indépendants ont déposé le bilan en 2004.
De plus, indépendants et majors, par l'entremise de l'UPFI et du SNEP (Syndicat national de l'édition phonographique), signeront un accord pour renforcer leur coopération face à la crise (lutte anti-piraterie, meilleure offre musicale à la télévision et à la radio...).
Enfin, parmi les autres grands thèmes prévus, la journée "Music for images" (le 25) examinera les débouchés offerts par les jeux vidéos, le cinéma ou la télévision. Le lendemain, le MIDEM dressera un panorama de la musique "live", un secteur qui, contrairement à la vente de disques, se porte très bien.
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