L'éducation anti-p2p entre dans les collèges

Par Christophe ABRIC, avec AFP, le 22 mars 2005 à 17h20 , mis à jour le 22 mars 2005 à 18h12

Le ministère de la Culture va distribuer un fascicule de promotion des solutions légales de téléchargement dans 400 collèges français. Il a été en partie financé par l'industrie du disque.

Guide jeunes musique en ligne

Le temps des doigts d'honneur et des menaces est révolu : pour l'industrie du disque et le gouvernement, le jeune utilisateur des réseaux p2p doit être pris par la main, éduqué, guidé. Cela s'appelle une approche "positive", qui va aujourd'hui chercher les adolescents jusque dans les cours d'écoles.

"Rester cool"

Le ministère de la Culture et de la Communication a ainsi présenté lundi un fascicule de 16 pages, "Musique, film… adopte la Net attitude", qui sera distribué à 450.000 exemplaires dans 400 collèges de France. Ce guide, qui s'adresse au jeune dans un parler "branché" (en utilisant par exemple le tutoiement), se veut aussi pédagogique qu'incitatif. Sans diaboliser le peer-to-peer en lui même, il répète à l'envi quel mal le téléchargement illégal peut faire aux artistes, et surtout les avantages énormes qu'il y a à télécharger légalement : on y apprend entre autres que c'est une façon de "rester cool"…

Le guide a été réalisé par le Forum des droits sur l'Internet, et validé par un comité éditorial notamment composé de l'ADAMI (société civile pour l'administration des droits des artistes), l'AFA (fournisseurs d'accès internet), la CLCV (association de consommateurs), la SACD (Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques), la SACEM, le SNEP (un syndicat du disque), l'UNAF (Union nationale des associations familiales) et Vivendi Universal.

ODEBI scandalisé

Une association originale, ces structures n'ayant pas la même position quant à la réponse à donner au P2P. L'ADAMI, la CLCV ou l'UNAF sont par exemple opposées aux poursuites judiciaires systématiques contre ceux qui téléchargent via ces réseaux. Le guide, d'un coût de 45.000 euros, a été financé par le ministère de la Culture (10.000 euros), celui de l'Industrie (5000), Vivendi Universal (10.000), la SACEM (5000), le SNEP (5000), l'UNAF (5000) et le Forum (5000).

La ligue ODEBI s'est emportée contre ce guide, qu'elle assimile à "une campagne de propagande" : "L'éducation nationale n'a pas à devoir prolonger les amalgames, mensonges, menaces et insultes du lobby phonographique par un pseudo-guide pédagogique rédigé par les lobbyistes de l'industrie du disque", est-il dénoncé dans un communiqué, où la ligue s'étonne que " Le gouvernement utilise de l'argent public pour promouvoir les intérêts économiques de l'industrie des majors" ou que "ni les associations de parents d'élèves ni les enseignants n'aient été consultés sur la simple opportunité de rédiger un tel 'guide'".

Par Christophe ABRIC, avec AFP le 22 mars 2005 à 17:20
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