© INTERNEUne récente étude européenne l'affirme : 37% des internautes français qui écoutent de la musique sur leur ordinateur ont déjà téléchargé des morceaux d'artistes qu'ils ne connaissaient pas. Preuve, s'il en fallait, qu'un petit groupe peut aujourd'hui se faire connaître sans passer par une grosse structure.
Cela demande néanmoins un certain savoir-faire et ne résout pas une question non négligeable : comment vendre sa musique ? C'est là qu'interviennent une nouvelle race d'intermédiaires, qui se font appeler "agrégateurs de contenus musicaux".
Des artistes par centaines
Leur travail ? Mettre en relation les artistes autoproduits ou les petits labels avec les plateformes de vente de musique en ligne. Après plusieurs mois de travail, ils ont été mis la semaine dernière sur le devant de la scène par le site VirginMega.fr, qui leur a ouvert un espace dédié et offre au téléchargement gratuit trois compilations issues du catalogue de Believe Digital.
Believe Digital est l'un des "agrégateurs" sélectionnés par VirginMega. Il n'arrive pas les mains vides : son catalogue est riche de centaines d'artistes et petits labels, mais aussi de musiciens signés qui n'avaient pas de contrat pour une distribution en ligne française. De l'autre côté, les partenaires sont nombreux : outre VirginMega, Believe a déjà signé des contrats avec iTunes Music Store, Rhapsody, Fnac Music… "D'ici le 15 juillet, notre catalogue devrait être disponible sur les principales plateformes de téléchargement", explique Arnaud Chiaramonti, co-fondateur.
Plus d'argent pour l'artiste
Les agrégateurs facilitent le travail aussi bien du côté des artistes que des plateformes, estime-t-il : ces dernières "souffrent d'un catalogue restreint face au nombre de titres disponibles sur le peer-to-peer et manquent de marge par rapport aux majors. Or, elles n'ont pas le temps de faire un travail de choix et de découverte parmi les indépendants. Nous nous chargeons de ce rôle de filtre".
Pour les artistes et les petits labels, les agrégateurs assurent promotion et "mise en place". "Sur un morceau à 99 cents, nous récupérons environ 60 cents. Entre 50 et 70% de cet argent revient directement à l'artiste", explique Arnaud Chiaramonti. Une rémunération bien supérieure à ce qu'offrent traditionnellement les maisons de disques sur la vente en ligne. "Nous voulons prendre en compte la réduction des coûts lié au numérique et remettre en valeur le travail des créateurs. On veut miser sur la qualité, cela ne peut que payer".
Espoir
Même si la taille réduite du marché de la musique en ligne ne permet pas d'espérer de gros revenus dans l'immédiat, les fondateurs de Believe misent sur le long terme : "aujourd'hui, internet est le meilleur vecteur de promotion qui soit pour un artiste. Et on se dirige inévitablement vers une réduction de l'offre physique. Dans les années à venir, les gens achèteront de plus en plus leur musique en ligne. Nous serons alors essentiels".
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