Vendre sa musique sans les majors

Par Christophe ABRIC, le 01 juin 2005 à 19h04 , mis à jour le 01 juin 2005 à 19h12

C'est ce que permettent les agrégateurs de contenus, un nouveau métier qui aide les artistes autoproduits et les petits labels à vendre leur musique sur les sites de téléchargement légal. VirginMega.fr leur a ouvert une vitrine dédiée.

Virgin mega virginmega © INTERNE

Une récente étude européenne l'affirme : 37% des internautes français qui écoutent de la musique sur leur ordinateur ont déjà téléchargé des morceaux d'artistes qu'ils ne connaissaient pas. Preuve, s'il en fallait, qu'un petit groupe peut aujourd'hui se faire connaître sans passer par une grosse structure.

Cela demande néanmoins un certain savoir-faire et ne résout pas une question non négligeable : comment vendre sa musique ? C'est là qu'interviennent une nouvelle race d'intermédiaires, qui se font appeler "agrégateurs de contenus musicaux".

Des artistes par centaines

Leur travail ? Mettre en relation les artistes autoproduits ou les petits labels avec les plateformes de vente de musique en ligne. Après plusieurs mois de travail, ils ont été mis la semaine dernière sur le devant de la scène par le site VirginMega.fr, qui leur a ouvert un espace dédié et offre au téléchargement gratuit trois compilations issues du catalogue de Believe Digital.

Believe Digital est l'un des "agrégateurs" sélectionnés par VirginMega. Il n'arrive pas les mains vides : son catalogue est riche de centaines d'artistes et petits labels, mais aussi de musiciens signés qui n'avaient pas de contrat pour une distribution en ligne française. De l'autre côté, les partenaires sont nombreux : outre VirginMega, Believe a déjà signé des contrats avec iTunes Music Store, Rhapsody, Fnac Music… "D'ici le 15 juillet, notre catalogue devrait être disponible sur les principales plateformes de téléchargement", explique Arnaud Chiaramonti, co-fondateur.

Plus d'argent pour l'artiste

Les agrégateurs facilitent le travail aussi bien du côté des artistes que des plateformes, estime-t-il : ces dernières "souffrent d'un catalogue restreint face au nombre de titres disponibles sur le peer-to-peer et manquent de marge par rapport aux majors. Or, elles n'ont pas le temps de faire un travail de choix et de découverte parmi les indépendants. Nous nous chargeons de ce rôle de filtre".

Pour les artistes et les petits labels, les agrégateurs assurent promotion et "mise en place". "Sur un morceau à 99 cents, nous récupérons environ 60 cents. Entre 50 et 70% de cet argent revient directement à l'artiste", explique Arnaud Chiaramonti. Une rémunération bien supérieure à ce qu'offrent traditionnellement les maisons de disques sur la vente en ligne. "Nous voulons prendre en compte la réduction des coûts lié au numérique et remettre en valeur le travail des créateurs. On veut miser sur la qualité, cela ne peut que payer".

Espoir

Même si la taille réduite du marché de la musique en ligne ne permet pas d'espérer de gros revenus dans l'immédiat, les fondateurs de Believe misent sur le long terme : "aujourd'hui, internet est le meilleur vecteur de promotion qui soit pour un artiste. Et on se dirige inévitablement vers une réduction de l'offre physique. Dans les années à venir, les gens achèteront de plus en plus leur musique en ligne. Nous serons alors essentiels".

Par Christophe ABRIC le 01 juin 2005 à 19:04
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles High-Tech
  

9 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • PTZM, le 07/06/2005 à 21h19

    Enfin une bonne chose, qu'elle est bonne... Les artistes pourront être correctement rémunérés directement sans nourrir les grosses industries du disques lobbyistes et parasites.

  • Hervé B., le 03/06/2005 à 09h46

    Le label numérique Wild Palms Music (www.wildpalmsmusic.fr) est également partenaire de VirginMega pour son opération "Autoproduction". C'est d'ailleurs chez Wild Palms Music que sont orientés les artistes qui souhaiteraient être distribués sur VirginMega. Wild Palms Music pour sa part rémunère tous les artistes à hauteur de 70%, ce qui est en effet beaucoup plus que les reversements traditionnels pratiqués par les majors et les gros labels indépendants français qui ne dépassent jamais 15 à 20%. Wild Palms Music est à la fois label en assurant la promotion et la distribution de ces artistes et distributeur numérique en assurant la distribution numérique des petits labels grâce à une plateforme technique complexe interconnectée en direct avec les plateformes de téléchargement. Plus d'infos sur http://www.wildpalmsmusic.fr

  • Lohey, le 02/06/2005 à 20h43

    Enfin les artistes se libèrent ! (c: Les artistes, les vrais, n'ont plus besoin des majors qui les piratent ! Jeu veux bien participer à un système qui reverse au minimum 50% à l'artiste ! Tout le reste est une escroquerie, de mon point de vue ! Les artistes peuvent même se libérer de Virgin et compagnie... ils n'ont pas davantage besoin d'eux !

  • Fred, le 02/06/2005 à 17h28

    Avec les moteurs de recherche moderne tel que yahoo,google etc , et grace a des systemes comme paypal , les intermediares ne sont plus necessaire , alors a quoi bon laisser des personnes qui ne fournissent aucun travail reel le droit de se sucrer sur le dos des artistes , l'ere du numerique ouvre qu'un seul modele viable , la vente en direct consommateur/artiste ! Pourquoi repartir sur un modele major qui n'est plus a l'ordre du jour , ils ont bien arnaqués et profités des artistes maintenant c'est fini.Il fallait pas abuser du systeme si il voulait le maintenir.

  • Gérard, le 02/06/2005 à 12h33

    Enfin ! Il était temps que les artistes puissent se libérer du joug des majors. Enfin les parasites sont évincés. Bonne chance aux artistes qui utiliseront ce moyen de diffusion !

  • William, le 02/06/2005 à 03h57

    50% de 60 cents, ça fait qu'un artiste ne touche en réalité que 30 cents pour 1 euro dépensé (soit à peine 30%) 70% de « frais de gestion », c'est encore trop, un petit effort serait le bienvenu ! D'ailleurs, il existe déjà pas mal d'alternatives en place qui sont déjà beaucoup moins onéreuses tout en payant au moins autant les artistes. Bon, maintenant, il faut voir ce que les agrégateurs entendent par « promotion ». Simple pub sur le site, ou véritable campagne sur divers médias ? Par contre, il est évident que ce mode de distribution est l'avenir, les majors ont du soucis à se faire, elles ne sont que des parasites sur la chaîne de la musique, et il existe désormais un médicament » pour s'en débarasser :-)

  • Theo, le 01/06/2005 à 23h06

    Super, je trouve cela vraiment super! Tant de temps ... on y arrive enfin :) Longue vie aux artistes, retour de flammes aux majors.

  • Marie, le 01/06/2005 à 23h01

    Une petite précision : ce n'est pas Believe qui a été choisi pour gérer l'espace autoproduction de VirginMega.fr mais Wild Palms Music !

  • Phillipe, le 01/06/2005 à 19h46

    En voilà une idée qu'elle est bonne! je suis totalement pour, ça me ferais un plaisir immense de voir disparaitre les majors, ces gens qui n'y connaissent rien à la musique et qui s'octroie des salaires de 83000? comme monsieur nègre. au moins l'argent reviendra à ceux qui le méritent vraiment, à savoir les artistes !

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience