
"Rien de bien grave pour l'instant, mais préparons nous au pire". Evoquez la question des virus sur mobiles aux entreprises de sécurité, elles vous listeront de nombreux cas déjà recensés, relativiseront ensuite leur portée, tout en insistant sur leur dangerosité grandissante. Les virus sur mobile imposent un délicat jonglage entre perspective d'une menace qu'il faut bien évoquer sans toutefois crier au loup.
Aucune attaque massive n'a été répertoriée, mais les téléphones mobiles, de plus en plus évolués, multipliant les connexions, semblent des proies évidentes pour les spammeurs, les créateurs de virus et autres escrocs qui pourraient profiter de leur propagation.
Comme la grippe
Les premiers virus sur mobiles ont été découverts en 2004. Cabir, premier du genre, se diffusait par la technologie Bluetooth, qui permet à deux appareils électroniques de communiquer sans fil s'ils se trouvent à quelques mètres l'un de l'autre : "c'est un mode de propagation semblable à celui de la grippe : il faut une proximité physique pour qu'il y ait infection", explique Mikko Hyponnen, chef des laboratoire F-Secure.
Mais pour que Cabir infecte un téléphone, il faut accepter son installation. Laurent Gondicart, chez Trend Micro, explique que cette barrière est sans doute déjà levée : "on a découvert une faille dans l'implémentation de la technologie Bluetooh sur les téléphones. Cette faille est dangereuse, car elle permet de pirater un téléphone sans que son utilisateur s'en aperçoive".
Les virus sur mobiles se multiplient donc, et avec eux les modes d'infection. Car il n'y a pas que le Bluetooth : Commwarrior, détecté il y a peu, se diffuse par MMS, et fonctionne comme un virus par mail. Il contient une pièce attachée qui lance l'infection une fois ouverte. Il a été repéré dans 11 pays, selon F-Secure. Skull, lui, écrit ses propres fichiers par-dessus les logiciels système. QDial envoie des SMS surtaxés tout seul, gonflant ainsi considérablement le portefeuille de l'arnaqueur. "Les motivations sont nombreuses qui pourraient motiver des créateurs de virus", estime Laurent Gondicart.
Pas encore un phénomène massif
Comme sur PC, le système le plus répandu est aussi le plus visé. Symbian, qui tient 80% du marché est ainsi la première victime des attaques de virus. Le nombre de smartphones et de téléphones dotés de fonctions multimédias étant en constante progression, les téléphones seront bientôt nombreux à constituer une cible potentielle.
Alors, faut-il trembler ? Non, tout cela est encore marginal, au pire une nuisance. Tous les téléphones infectés tiendraient dans un gros carton. Mais viendra un jour où les virus seront plus puissants, et ils deviendront un danger. Selon le cabinet d'analyses Gartner, ce sera pour "dans un et demi, pas avant, malgré la spéculation médiatique" (dont cet article fait bien sûr partie). Pour que les virus aient un impact, il faudrait qu'au moins 30% des utilisateurs reçoivent régulièrement des messages avec pièces jointes sur leur mobile. On en est encore loin…
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