© INTERNEMatthieu Lerondeau est chargé de mission auprès du Forum des droits sur l'Internet. A l'occasion de la Conférence de la famille, il répond à nos questions sur la protection des mineurs sur la toile.
tf1.fr : La délégation aux usages internet (DUI) préconise de fournir par défaut un outil de contrôle parental. Estimez-vous cela comme une mesure efficace ?
Matthieu Lerondeau : Cette mesure aurait pour effet de renforcer l'obligation déjà existante faite aux fournisseurs d'accès à internet (FAI) de fournir de tels outils. Cela peut être utile, mais tout indique que ces outils ne sont que des auxiliaires. A trop insister sur eux, on court le risque de négliger d'autres moyens d'action et de déresponsabiliser les parents.
Où l'effort devrait-il être porté ?
Sur l'accompagnement, plus que sur la surveillance. On est sur internet comme dans la vie : les enfants et les adolescents ne vont pas aller spontanément parler à leurs parents de problèmes ou de mauvaises rencontres, de peur justement d'un flicage accru. C'est aux parents d'encourager le dialogue, il leur faut montrer qu'ils sont présents, en mettant par exemple l'ordinateur dans une pièce commune plutôt que dans la chambre de l'enfant...
En bref, responsabiliser les parents ?
Aujourd'hui, on a des sondages qui montrent qu'une majorité de parents ne donnent pas accès librement à internet à leurs enfants. Mais dans le même temps, les enfants déclarent surfer seuls. La surveillance n'est pas systématique, en partie parce que les parents s'estiment largués, dépassés par leurs enfants dans la connaissance de l'internet. Mais il ne faut pas qu'ils oublient qu'il leur reste la maturité, la distance et l'esprit critique. Il faut qu'ils aient conscience de leur capacité à agir. Une grande campagne de sensibilisation, au niveau national et sur plusieurs médias peut y contribuer. L'Education nationale devrait aussi se mobiliser .
| VIllepin pour du filtrage automatique |
Dominique de Villepin, a souhaité jeudi que les logiciels de filtrage et de contrôle parental d'accès à internet "soient disponibles automatiquement et pour tous" afin d'éviter aux enfants "de tomber sur des contenus choquants". Le Premier ministre a évoqué "une discussion technique" avec les fournisseurs d'accès à internet. "A défaut de solution concertée dans les semaines à venir, la législation sera modifiée pour assurer une protection adéquate des mineurs", a-t-il précisé. "Plus généralement, je veux que les risques pour un enfant de tomber sur des contenus choquants soient très fortement réduits. Des outils existent : il s'agit de logiciels de filtrage ou de contrôle parental. Ils ne sont pas parfaits. Mais c'est un premier pas pour éviter les mauvaises rencontres", a-t-il ajouté, selon le texte de son discours remis à la presse. Il a rappelé que "les fournisseurs d'accès à internet doivent proposer ces logiciels depuis plus de cinq ans", mais que ces logiciels "sont rarement installés sur les ordinateurs" et souvent "trop complexes d'utilisation. C'est comme si aujourd'hui, la ceinture de sécurité n'était pas automatiquement fournie lorsqu'on achète un véhicule". |
Retour MYTF1
Chargement en cours...




