Des cybercafés pas prêts à fliquer

Par Par C.A., le 27 septembre 2005 à 18h01 , mis à jour le 27 septembre 2005 à 18h24

Les responsables de cybercafés interrogés par tf1.fr se montrent sceptiques quant aux mesures attendues dans le cadre du plan anti-terrorisme. Elles les obligeraient à renforcer la surveillance de leurs clients.

Qui sont les cyber-pirates ? © INTERNE

"Les terroristes se servent d'Internet d'une façon extraordinaire. (...) On va s'occuper notamment des cybercafés parce qu'on s'aperçoit qu'un certain nombre de terroristes passent par les cybercafés parce que l'anonymat y est garanti". Llundi soir, sur France 3, Nicolas Sarkozy a expliqué son intention de renforcer la surveillance des cybercafés, en leur imposant notamment de garder pendant un an les données de connexion de leurs clients.

Mardi, les responsables de cybercafé interrogés par tf1.fr se montrent parfois choqués, mais plus souvent encore circonspects quant à la faisabilité d'une telle mesure.

"Soudainement suspects"

"Nous vendons un service ! Est-ce que demain on va demander aux épiciers de noter le nom des clients qui ont acheté une bouteille de whisky ? Est-ce qu'on va garder une liste de tous ceux qui achètent des livres écrits en arabe ?", demande la responsable d'un cyber-café parisien interrogée par tf1.fr. Pour elle, "parce qu'une personne impliquée dans des attentats avait communiqué depuis un cybercafé, on devient suspect : mais il y a quand même plus discret, et ce n'est pas ça qui permettra de remonter les sources".

La technique aussi pose problème. Dans un cyber-café du onzième arrondissement, on "espère que la mesure sera assortie d'un mode d'emploi. Parce que ça risque d'être très compliqué à gérer". Même constat sur les forums, où l'on s'inquiète également de devoir jouer la police. "Moi ce qui me gêne, c'est que je ne demande pas l'identité de tous mes clients... les gens venant pour surfer pendant 10 minutes, je ne m'amuse pas à un contrôle d'identité qui n'est pas mon rôle", explique l'un d'eux.

Difficultés techniques

Pour la responsable du premier cyber-café, c'est techniquement possible : "on peut tout tracer. Mais il y a un problème de quantité : un an de connexions... autant chercher une aiguille dans une botte de foin". "Nous pouvons certes communiquer le nom d'une personne qui vient chez nous et qui dispose d'un compte, mais sans logiciel adapté nous ne pourrons pas fournir les adresses des sites visités, ni ce que la personne a fait lors de sa visite", précise pour sa part le responsable d'un cybercafé strasbourgeois interrogé par l'AFP.

Le flou demeure surtout sur les dispositions précises que contiendra la loi anti-terroriste. En attendant de savoir ce que le ministre compte faire, les cybercafés risquent de pâtir de sa déclaration de lundi.

Par Par C.A. le 27 septembre 2005 à 18:01
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14 Commentaires

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  • Montjoye, le 28/09/2005 à 13h52

    De toute façon le type qui passe par un cyber café et qui est 'terroriste' doit pas être bien intelligent. Il existe un nombre incalculable sur paris et sa proche region de wifi non protégé par un cryptage. Par ailleurs le cryptage wep le plus couramment utilisé est largement craquable ( certe il faut quand même un cerveau pour le faire fonctionner ). Alors cyber café ou non, ca ne change rien et les services ( DST - DSGE ) le savent très bien, à part quelques crétins qui se prennent pour des gros méchants terroristes la pêche sera bien maigre. Cette mesure de Villepin et Sarkozy est plutôt pour préparer les terrain à un flicage en masse des connections internet, mais encore une fois il est assez simple de contourner le problème. En résumé leur truc de flicage ne servira qu'aux utilisateurs de base, c'est à dire 90 % de la population.

  • Pat, le 28/09/2005 à 13h50

    Comment resoudre un tel probleme? extremement simple: envoyer un ingenieur en stage de formation en Angleterre ou aux USA: la-bas ils savent comment faire! C'est triste de voir un tel feneantisme en France! Du nerf les gars!

  • Raven, le 28/09/2005 à 12h16

    J'accuse Monsieur le ministre de l'intérieur de diminuer notre liberté par l'excuse du terrorisme. Cela fait 4 ans que les Etats-Unies d'Amerique sont en guerre contre le terrorisme et jamais il n'y a eu d'attentats en France....Au lieu d'utiliser notre budjet pour des politiques anti terroriste et donc transformer notre nation,en Etat gendarme..... Arrêtons de prendre les gens pour des imbéciles.Il y a une crise au niveau du logements,les classes sociales se creusent...Et notre gouvernements utilisent l'argent du contribuables pour fabriquer des armes qui neutralisent (flash ball)on renforcent les prisons pour maintenir les gens...

  • Raf, le 28/09/2005 à 10h49

    Les cyber café ont déja eu a gérer la rude concurrence des lignes hauts-débits, si maintenant ils doivent fliquer les clients je ne vois pas ce qui peus ler sauver de la faillite.

  • Gaye, le 28/09/2005 à 10h10

    L'état ne doit pas connaitre internet car il ne s'imagine pas le stokage de donné en un an que l ont aurrai a faire sur tout quand on dispose de plusieurs pc ce qui est le cas pour les cybercafé et cela n est pas a nous de faire la police il y a d'autre moyen pour surveillé les internautes (les fournisseurs d'acces) a voir avec eus plus tot

  • Franck, le 28/09/2005 à 09h53

    Cette proposition de M. Sarkozy est tout simplement inapplicable. Car si les cybercafés avaient l'obligation d'installer des logiciels "mouchards" sur leurs systèmes informatiques, ça veut dire que les resposnables de chaque cybercafé auront la possibilité d'aller consulter les échanges passés par leurs clients sur Internet, mail, chat, forums, sites visités etc... Or pouvoir prendre connaissance des e-mails d'autrui c'est de la violation de la correspondance privée (plusieurs fois confirmé par les tribunaux, notamment sur le lieu de travail). Pour le reste c'est de l'atteinte à la vie privée pure et simple. Donc dans l'état actuel du droit ce flicage est tout simplement impossible. Si il fallait complètement modifier la loi et la jurisprudence sur ce point et dire que les responsables de cybercafés ont accès à ces informations alors par la suite sur quel fondement on pourra l'interdire à d'autres intervenants. Dans ce cas, comment interdire à un employeur de prendre connaissance des mails perso reçu dans sa boite professionnelle à partir du moment où on l'a autorisé à des commerçants.... C'est la remise en cause d'une protection fondamentale de la vie privée de chacun.

  • Staff, le 28/09/2005 à 08h47

    Et voilà un exemple typique, on veut bien que la police, dst et autres empechent les attentats de se produire mais dès qu'il faut participer alors là c'est la débandade, plus personne ne se sent concerner.

  • Pierre, le 28/09/2005 à 04h39

    ça ne sert à rien de filtrer/fliquer il suffit de cripter les emails avec les logiciels en vente et de surfer anonymement ...

  • Sébastien, le 27/09/2005 à 23h16

    Cela ne dérange pas par contre ces responsables de cybercafés si des islamistes avec des visées terroristes se servent de leurs ordis? Etonnant cette conception de la liberté quand elle a a pour résultat de protéger des criminels.

  • Stéphane, le 27/09/2005 à 20h29

    Nous sommes presque en Chine :-)

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