© INTERNELongtemps, AOL a souffert d'une mauvaise image, acquise lors de la fusion avec le groupe Time Warner : le fournisseur d'accès était l'internet trop gourmand, qui fait un peu tout de travers.
Puis, AOL a changé de modèle. D'un schéma fermé, qui réservait ses contenus aux seuls abonnés coincés dans un logiciel propriétaire, l'entreprise est passée à une logique de portail, de contenus gratuit et offert à tous. Et ce fut un succès, si bien qu'aujourd'hui AOL est au centre de toutes les convoitises. Yahoo!, MSN, Google, tous les grands d'aujourd'hui la courtisent.
Le gratuit a été payant
Il faut dire que la métamorphose a été réussie. La diffusion en direct et en multicast des concerts du Live8 a été le meilleur ambassadeur du nouvel AOL. Depuis, le portail investit dans cette optique de portail gratuit, et multiplie les sources de contenus. La semaine dernière, il a ainsi acheté Weblogs, Inc., l'un des principaux réseaux de weblogs éditorialisés. Le succès de ce portail excite les moteurs de recherches, tant il commence à drainer un public important, et les recettes publicitaires
Google et Yahoo! ont bâti leur réussite sur cette capacité à attirer les annonceurs grâce à leur grande popularité auprès des internautes. Et avec son moteur MSN Search, Microsoft entend bien leur disputer le pouvoir sur le créneau si lucratif de la recherche en ligne par mot-clé. Dans cette optique, AOL devient une proie des plus intéressantes.
La guerre des moteurs
Les premières fuites sur l'intérêt pour AOL datent de la mi-septembre. "Soi-disant, MSN et AOL discutaient d'un partenariat ou du fait qu'AOL bascule sur la technologie de recherche de MSN", à la place de celle de Google, rappelle Lauren Rich Fine, de la banque Merrill Lynch. Logiquement le moteur Google --dont AOL est actuellement le plus gros utilisateur en tant que site partenaire-- s'est senti menacé. "Vraisemblablement les discussions Google/AOL ont porté sur cette affiliation" en termes de technologie de recherche, poursuit-elle.
La motivation de Yahoo! s'explique de la même manière, a avancé vendredi le Wall Street Journal, en rapportant que le portail le plus fréquenté aux Etats-Unis venait à son tour d'entreprendre des discussions avec Time Warner.
Une source proche du dossier a confirmé jeudi à l'AFP que Google et Comcast, numéro un du câble aux Etats-Unis, négociaient une entrée en commun dans le capital d'AOL, ciblant tout ce qui y est accessible gratuitement. Google et Comcast profiteraient ainsi de nombreux programmes de télévision ou de cinéma (émanant d'autres possessions de Time Warner comme les chaînes CNN, HBO, les studios Warner Bros). Le premier pour alimenter un index d'images vidéo consultables en ligne via son moteur, le second tout simplement pour étayer son offre de diffuseur dans les foyers américains.
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