Dès la sortie de la console en 2006, le catalogue devriat être conséquent.La semaine qui vient de passer fut excellente pour l'industrie française du jeu vidéo. Symboliquement, d'abord : le ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres a enfin accepté de visiter, mercredi, un studio de création de jeux, comme le demandaient depuis des années les dirigeants des entreprises du secteur. Lors de la visite des studios d'UbiSoft, le ministre a même déclaré que le jeu vidéo devait désormais être considéré comme "une nouvelle forme de création culturelle".
Mais au-delà du symbolique, c'est surtout sur le front économique que les nouvelles furent bonnes : le gouvernement a en effet annoncé qu'il allait mettre en mettre en place des mécanismes supplémentaires de soutien à l'industrie française du jeu vidéo, via un mécanisme de crédit d'impôt qui devrait être effectif début 2006 et atteindre 30 millions d'euros pour l'an prochain.
Souligner l'aspect culturel
Il sera mis en place "dès que les discussions engagées avec la Commission européenne le permettront", ont souligné M. Donnedieu de Vabres et son collègue de l'Industrie François Loos. Il complètera le soutien déjà apporté par le Fonds d'aide à l'édition multimédia (FAEM).
Le caractère d'activité culturelle de l'industrie des jeux vidéo est d'autant plus souligné qu'il est nécessaire pour faire accepter ces mécanismes de soutien par la Commission européenne. "C'est la réalité de ce métier, où près de 60% des budgets sont consacrés à la création artistique et dont les productions sont devenues le premier loisir des jeunes", a souligné le PDG d'Ubisoft Yves Guillemot.
L'industrie française du jeu vidéo, qui représente environ 12.000 emplois en France, ne compte plus que 700 créatifs sur le sol français, contre 5.000 en 1995, a rappelé le secrétaire général du SELL (Syndicat des Editeurs de Logiciels de Loisir) Jean-Claude Larue.
Peur de perdre les créateurs
Alors que le coût de création d'un jeu vidéo a explosé, dépassant souvent les 10 à 15 millions d'euros, les grands groupes comme Ubisoft ou Infogrames font de plus en plus appel à des studios étrangers, dont les coûts sont plus bas et qui bénéficient souvent de subventions importantes.
Ubisoft emploie 200 personnes dans ses studios de Montreuil, mais 1.400 à Montréal et plusieurs centaines à Shanghaï. "Si rien n'est fait, d'ici deux ans il n'y aura plus un seul créateur en France", a affirmé M. Larue.
Le mécanisme de crédit d'impôt permettra surtout de financer les maquettes et premiers développements de jeux, pour des montants de l'ordre de 250.000 euros par projet, selon des sources de l'industrie.
Le jeu vidéo, dont le chiffre d'affaires en France était l'an dernier supérieur à celui du cinéma, et sera cette année supérieur à celui de la musique, "n'est pas une marchandise comme une autre", a insisté le ministre de la Culture. "A travers l'image, le son, le scénario, c'est le goût de notre pays qui est diffusé", a-t-il dit.
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