Un crédit d'impôt pour le jeu vidéo français

le 14 octobre 2005 à 18h13 , mis à jour le 14 octobre 2005 à 18h16

Le gouvernement a annoncé mercredi la mise en place prochaine d'un mécanisme de crédit d'impôt qui permettra de soutenir l'industrie française du jeu vidéo. Le ministre de la Culture a présenté les jeux comme "une nouvelle forme de création culturelle".

Capture d'écran, jeu PS3Dès la sortie de la console en 2006, le catalogue devriat être conséquent.

La semaine qui vient de passer fut excellente pour l'industrie française du jeu vidéo. Symboliquement, d'abord : le ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres a enfin accepté de visiter, mercredi, un studio de création de jeux, comme le demandaient depuis des années les dirigeants des entreprises du secteur. Lors de la visite des studios d'UbiSoft, le ministre a même déclaré que le jeu vidéo devait désormais être considéré comme "une nouvelle forme de création culturelle".

Mais au-delà du symbolique, c'est surtout sur le front économique que les nouvelles furent bonnes : le gouvernement a en effet annoncé qu'il allait mettre en mettre en place des mécanismes supplémentaires de soutien à l'industrie française du jeu vidéo, via un mécanisme de crédit d'impôt qui devrait être effectif début 2006 et atteindre 30 millions d'euros pour l'an prochain.

Souligner l'aspect culturel

Il sera mis en place "dès que les discussions engagées avec la Commission européenne le permettront", ont souligné M. Donnedieu de Vabres et son collègue de l'Industrie François Loos. Il complètera le soutien déjà apporté par le Fonds d'aide à l'édition multimédia (FAEM).

Le caractère d'activité culturelle de l'industrie des jeux vidéo est d'autant plus souligné qu'il est nécessaire pour faire accepter ces mécanismes de soutien par la Commission européenne. "C'est la réalité de ce métier, où près de 60% des budgets sont consacrés à la création artistique et dont les productions sont devenues le premier loisir des jeunes", a souligné le PDG d'Ubisoft Yves Guillemot.

L'industrie française du jeu vidéo, qui représente environ 12.000 emplois en France, ne compte plus que 700 créatifs sur le sol français, contre 5.000 en 1995, a rappelé le secrétaire général du SELL (Syndicat des Editeurs de Logiciels de Loisir) Jean-Claude Larue.

Peur de perdre les créateurs

Alors que le coût de création d'un jeu vidéo a explosé, dépassant souvent les 10 à 15 millions d'euros, les grands groupes comme Ubisoft ou Infogrames font de plus en plus appel à des studios étrangers, dont les coûts sont plus bas et qui bénéficient souvent de subventions importantes.

Ubisoft emploie 200 personnes dans ses studios de Montreuil, mais 1.400 à Montréal et plusieurs centaines à Shanghaï. "Si rien n'est fait, d'ici deux ans il n'y aura plus un seul créateur en France", a affirmé M. Larue.

Le mécanisme de crédit d'impôt permettra surtout de financer les maquettes et premiers développements de jeux, pour des montants de l'ordre de 250.000 euros par projet, selon des sources de l'industrie.

Le jeu vidéo, dont le chiffre d'affaires en France était l'an dernier supérieur à celui du cinéma, et sera cette année supérieur à celui de la musique, "n'est pas une marchandise comme une autre", a insisté le ministre de la Culture. "A travers l'image, le son, le scénario, c'est le goût de notre pays qui est diffusé", a-t-il dit.

le 14 octobre 2005 à 18:13
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11 Commentaires

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  • Pierre, le 16/10/2005 à 00h19

    Si c'est un produit culturel, à quand la tva à 5.5 % sur les jeux vidéos alors ?? comme sur les livres

  • Thomas, le 15/10/2005 à 22h25

    Qui en France aujourd'hui n'est pas subventionné ? Sous le prétexte 'culturel', on arrose beaucoup d'industries qui sont avant tout des marchands, pas des artistes (désolé, mais entre Splinter Cell et Maupassant, il y a un monde...). Si les entreprises de jeux vidéo doivent fusionner ou délocaliser, eh bien qu'elles le fassent... En France au début du siècle; il y avait une centaine de fabricants de voitures. Aujourd'hui il y en a deux. C'est cela le capitalisme, n'en déplaise à ceux qui ne jurent que par l'Etat. Si on doit subventionner ou donner des crédits d'impôt, il y d'autres industries (restauration, services...) qui méritent autant d'attention.

  • Yassine, le 15/10/2005 à 20h49

    Les jeux vidéos d'aujourd?hui (pas tous) bénéficient d'excellentes musiques composées par des artistes (certains jeux vendent, à part, des disques entiers remplies de musiques d?UN seul jeu). C?est aussi des scénarios produits par des réalisateurs de CINEMAS, des personnages développées comme pour un film de Spielberg (The Boss, pour Metal Gear Solid 4) des scénarios qui n?ont, pour beaucoup rien à envier aux chefs d??uvres Hollywoodiens (Le même jeu, par exemple), des images et des graphismes incroyables (Prince of Persia : Les sables du temps). Pour le coté « économique », si le français « UBISOFT » meurt (ce qui me parait peu probable) ou si il se fait acheter par l?américain « ELECTRONIC ARTS » (ce qui l?est plus), alors, je crois que ce dernier se trouverai en position dominante et serait dans la ligne de mire des lois antitrust américaines et de la commission à la concurrence européenne.

  • Alain Kadlec, le 15/10/2005 à 18h59

    Trop peu trop tard, ils sont déjà presque tous au Québec et ne désirent pas retourner en France...

  • Albert Wesker, le 15/10/2005 à 14h07

    Ca fait vraiment plaisir de lire ça!^^ Surtout qu'on devient de plus en plus performant dans ce domaine, avec des jeux comme "Rayman", "Obscure", "Alone in the Dark" ou dernièrement l'excellentissime "Fahrenheit"!!! Et on se rend compte enfin que c'est un Art! Oui, un Art!! Le jeux vidéo, c'est plus qu'un film! C'est une histoire qu'on vit et dont on décide les conséquences par nos actes (enfin ça dépend des jeux bien entendu: ceux qui ont un scenario). Dans un jeu on peut conduire la voiture de ses rêves qu'on ne pourra jamais s'offrir, on peut incarner un samourai défendant son pays, on peut jouer au foot avec son équipe préférée, contrôler un policier essayant de se sortir vivant d'une ville envahie de zombies, ou encore incarner un soldat vivant les grandes batailles de la 2nd guerre mondiale, ou un jeune homme menant l'enquête sur la mort de son père, et voyageant pour cela à travers le Japon et la Chine, etc..... De plus, n'en déplaise à certains qui jugent sans essayer (parce que je les vois venir), il n'y a pas que des jeux vidéo violents et sanglants, même si c'est ceux là qui font le plus parler d'eux (de plus, certains sont tout de même excellents dans ce genre là et le plus important c'est de NE PAS LES PRENDRE AU PIED DE LA LETTRE, c'est tout!): il existe aussi de pures merveilles, pleine de poésie, de tendresse, d'humour, d'amitié, se déroulant dans des décors d'une beauté époustouflante, de véritables chef d'oeuvres qui font voyager et réfléchir (FF, Shenmue, Skies of Arcadia, Ico, etc...)! Bref, il y en a vraiment pour tous les gouts, et pas que pour ceux qui ne cherchent que la violence dans le jeu... Merci de me publier sur ce sujet qui me tient à coeur (s'il vous plait!)

  • René-Guy T., le 15/10/2005 à 09h29

    Avec des salariés rémunérés proche du Smic sous prétexte qu'ils ont la chance de travailler dans ce milieu, on se demande dans quelles poches va l'argent. Des emplois oui, mais des emplois d'esclaves.

  • Regis, le 15/10/2005 à 08h59

    Tres bonne nouvelle, enfin un soutien pour les createurs de jeux video francais, qui sont reconnus -meme par les americains-comme etant parmi les plus doués au monde.....

  • Christophe, le 15/10/2005 à 08h53

    Enfin ! Il était temps que le jeux-vidéo ne soit plus considéré par les technocrates comme une forme de secte abrutissante. Mais je constate encore et toujours la même chose en France, on vous prend beaucoup d'argent par le biais des impots, et vous devez ensuite faire la manche auprès des services publics pour récupérer le différentiel nécessaire à votre survie.... la solidarité, c'est la charité sans les remerciements !

  • Julien, le 14/10/2005 à 23h50

    Il était bien temps que le gouvernement réagisse à toute l'injustice qu'elle a elle meme engendrée ces dernières années. Dep plus la concurrence est des plus déloyale, enfin une chose qui vas permettre d'avancer dans le bon sens, sans parler de tout les emploie que cela est succeptible de créer.

  • Xx, le 14/10/2005 à 23h31

    Il faudrait supprimer la taxe professionnelle pour les societes de jeux videos qui creer des emplois en France.

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