© INTERNELa musique en ligne, le débat sur la copie privée, le piratage, vivent depuis quelques mois une étrange inertie. La signature de la charte anti-piratage a eu lieu il y a déjà un an et demi et il semble que rien n'a bougé. Cela n'a pas empêché les ministres de la Culture et celui de l'Industrie d'afficher en début de semaine une certaine satisfaction à l'occasion d'une rencontre-bilan avec les fournisseurs d'accès à internet et les ayant droit de l'industrie musicale. Malgré le coup de semonce donné par la Cnil fin octobre (voir notre article), les ministres entendent poursuivre leurs campagnes de prévention, et se sont montrés très heureux de voir que "l'objectif des 600.000 titres" disponibles sur les sites de téléchargement légal était atteint.
Pauvre catalogue
C'était sans compter l'UFC-Que Choisir, qui a mis son grain de sel dans ce bilan vendredi, lors d'une conférence dénonçant les manquements des services de vente de musique en ligne. Pöur Alain Bazot, président de l'association, "600.000 titres, c'est indigent. C'est 30% de références de moins qu'à la Fnac Montparnasse". L'UFC, assisté d'autres organisations de consommateurs européennes, s'est attelé à prouver que l'offre de musique légale était loin d'être satisfaisante. Elle a fait une sélection de 260 titres, en musique classique d'une part, en musique populaire d'autre part, venant d'artistes "ayant manifestement rencontré un public et disponibles dans l'univers physique". Leur constat est sévère : 70% des titres, en moyenne, ne sont pas accessibles sur les sites de vente de musique en ligne.
Le pire concerne la musique classique, "oubliées 90% quel que soit le site". Cela montre, pour l'UFC, qu'il manque un effort. "On sait qu'il existe des raisons contractuelles à la lenteur du développement de la musique en ligne", explique Julien Dourgnon. "Mais on sait que ça n'explique pas tout, la musique classique le montre : elle serait facile à mettre en ligne et constituerait un bon compromis entre la recherche de diversité et une rentabilité à court terme".
Plus de liberté
S'il n'y avait que le souci du choix... L'UFC a égalementdénoncé la politique de protection : "la question des DRM (systèmes de gestion des droits) a été reléguée à la fin de la charte anti-piratage, et est aujourd'hui occultée". Aujourd'hui encore, un morceau acheté sur iTunes n'est lisible que sur l'iPod. Certains sites autorisent la gravure des morceaux, d'autres non, et l'UFC assimile ces pratiques à une restriction du périmètre d'usage : "On vient d'un univers, le CD, où le périmètre d'usage était stable, large, et le même pour tous. Aujourd'hui, il est fermé, change selon la plateforme. On ne sait plus ce à quoi un consommateur a droit", dénonce Julien Dourgnon. Pour Alain Bazot, le satisfecit du ministère est hypocrite : "sous prétexte de la coquille creuse de la diversité culturelle, on restreint l'accès à la culture".
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