© INTERNELa transposition de la directive européenne sur les droits d'auteurs est considérée par beaucoup comme le point de chute des différentes batailles autour du téléchargement. Souvent reculé, repoussé, ce projet de loi pourrait être enfin adopté par l'Assemblée nationale à la fin du mois prochain, les 22 et 23 décembre prochain. Plusieurs associations de défense des consommateurs et des internautes jugent le choix de cette date particulièrement pernicieux : "les Français y préparent les fêtes et les sièges de l'Assemblée sont à moitié vides", note ainsi Julien Dourgnon, de l'UFC-Que Choisir.
Deux amendements "liberticides"
Mais il n'y a pas que la date qui dérange. Les textes et amendements circulent dans la plus grande confidentialité. Deux associations, les Audionautes et EUCD.Info, ont décidé de briser ce silence en rendant public, lundi soir, trois documents qui confirment selon elles "les objectifs finaux de la poignée d'entreprises qui dictent leur loi au ministère de la Culture" en imposant "des dispositions liberticides".
Deux de ces documents, deux amendements, inquiètent particulièrement. Le premier, déjà surnommé "amendement Vivendi Universal", assimilerait à "un délit de contrefaçon" le fait d'éditer ou de mettre à disposition un logiciel de distribution d'œuvres protégées qui n'inclut pas de système de gestion des droits numériques (DRM). En d'autres termes, interdire les logiciels de p2p qui n'intègrent pas les DRM. Le second, qui aurait été initié par la Société civile des Producteurs Phonographiques, imposerait le "chiffrement" des flux radios afin d'empêcher qu'elles ne soient capturées et enregistrées par les internautes.
Un rapport plus mesuré ?
Le troisième texte est plus touffu (53 pages), il s'agit du rapport Sirinelli, du nom de la commission censée réfléchir au problème avant le vote de la loi. Il est dans l'ensemble plus mesuré, estimant ainsi que les techniques de protection doivent être "équilibrées" et prendre en compte "les attentes raisonnables des consommateurs". Mais il va également dans le sens d'une plus grande répression en amont, au niveau des éditeurs de logiciels, et encourage la riposte graduée.
Le rapport peut être soumis à diverses interprétations. Mais celles-ci vont apparemment dans le sens d'une politique de répression, et se font dans une trop grande discrétion. C'est pour ouvrir le débat au public que les associations les mettent à disposition du public. Aux internautes, désormais, d'aller les lire.
| 750 euros d'amende pour Kazaa |
Un internaute français, usager du site d'échange de musique en ligne Kazaa, a été condamné mardi par le tribunal de à une amende de 750 euros pour "mise à disposition du public" des 2.474 fichiers musicaux qu'il avait téléchargés à travers ce site. Ce cuisinier de 42 ans, résidant à Ascain (Pyrénées-Atlantiques) téléchargeait de la musique pour ses loisirs. Il a assuré qu'il ignorait que d'autres internautes pouvaient utiliser les fichiers qu'il avait stockés dans son ordinateur à travers Kazaa, pour les télécharger à leur tour, ce qui constitue la faute retenue contre lui par la justice française. L'homme a encore assuré qu'à l'époque des faits, il y a deux ans, rien dans le site ne mettait en garde les usagers contre cette pratique. L'internaute a été relaxé des deux autres chefs pour lesquels il était poursuivi, à savoir recel et reproduction illégale de musique, le tribunal estimant qu'il avait fait un usage strictement personnel des fichiers téléchargés. Son avocat, Me Daniel Durquety s'est déclaré satisfait par un jugement qui retient pour la première fois en France, selon lui, le principe d'une somme forfaitaire pour les dommages et intérêts à l'industrie musicale et non plus un montant fonction du nombre de fichiers téléchargés. |
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