Droits d'auteur : faut-il craindre "une juridiction d'exception" ?

le 21 décembre 2005 à 20h58 , mis à jour le 27 décembre 2005 à 13h18

Alors que les discussions sur le texte controversé se poursuivent à l'Assemblée, plusieurs associations de consommateurs dénoncent les amendements du gouvernement qui ouvre "la chasse aux internautes". Le Collège des Médiateurs prévu dans le texte d'origine deviendrait ainsi une autorité de sanction.

assemblée nationale © DR

Après les multiples accusations suscitées par le projet de loi sur la protection des droits d'auteur, dont la discussion se poursuit à l'Assemblée, les amendements introduits par le gouvernement provoquent à leur tour une levée de boucliers au sein des associations familiales et de consommateurs. Plusieurs d'entre elles affirment en effet que ces amendements ouvrent "la chasse aux internautes" et mettent en place "une juridiction d'exception".

Le ministre de la Culture crée "de toutes pièces une juridiction d'exception chargée de traquer, grâce à des agents assermentés, et de punir les internautes qui par 'maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à l'obligation de prudence', auraient reproduit ou mis à disposition des oeuvres culturelles", affirment ainsi les associations de consommateurs UFC-Que choisir, CLCV (Consommation, logement et cadre de vie), UNAF (Union des associations familiale) dans un communiqué. "Le Collège des Médiateurs prévu dans le texte d'origine, qui devait arbitrer les éventuels litiges autour de la copie privée, devient une autorité de sanction à l'encontre des internautes", ajoutent-elles, se référant à des amendements déposés mercredi par le gouvernement.

"Le titulaire de l'abonnement pénalement responsable de son ordinateur"

"La stratégie du gouvernement est aujourd'hui de contourner la justice en soumettant directement les internautes à une autorité répressive créée sur mesure", ajoutent les associations. Elles considèrent "surprenant qu'un texte d'une telle ampleur n'ait fait l'objet d'aucune concertation" et dénoncent un amendement "qui présume de la culpabilité de tous les consommateurs".

Selon les associations, le texte "rend le titulaire de l'abonnement à internet pénalement responsable de son ordinateur et de toute utilisation qui en sera faite, y compris par un tiers, qu'il s'agisse d'un internaute qui envoie un fichier par MSN, qui 'rippe' une chanson sur une webradio, ou qui télécharge sur des logiciels de pair à pair". Par ailleurs, l'Association des Audionautes dénonce "un arsenal juridique privant les parties des droits de la défense et autorisant des poursuites de masse".

Photo d'ouverture : l'hémicycle de l'Assemblée nationale - archives

le 21 décembre 2005 à 20:58
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles High-Tech
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience