Deux gestes pour la musique en ligne

Par Par Christophe ABRIC, le 20 janvier 2006 à 20h27 , mis à jour le 20 janvier 2006 à 20h34

Une SACEM plus souple et de vieux disques disponibles en ligne ? Deux initiatives annoncées juste avant le MIDEM, alors que le débat sur le droit d'auteur fait toujours rage.

Partition musique © INTERNE

D'un côté, on élève la voix. De l'autre, on fait quelques petits gestes. Alors que l'industrie du disque et certains ayants droit bataillent plus ferme contre le droit d'auteur à mesure que l'on approche du Midem, on aperçoit quelques signes de bonnes volontés envers la musique en ligne.

Par exemple, le saviez-vous ? Les artistes membres de la SACEM n'ont pas le droit de diffuser ou d'offrir leurs morceaux sans l'accord de la société de gestion. Enfin, ils n'avaient pas le droit, puisque la SACEM vient de faire un cadeau de début d'année, "des services pour soutenir les créateurs sur Internet" : ils sont désormais autorisés à diffuser gratuitement leurs morceaux sur un site. Mais attention. Il faut que ce soit "leur site personnel", qu'il ait "son propre nom de domaine", que sa "réalisation ou son évolution [soit] confiée à un prestataire professionnel du secteur", que les morceaux soient diffusées en streaming et non téléchargés. Enfin, il faut bien sûr en faire une demande préalable au Sesam. Une initiative certes heureuse, mais qui souligne le chemin qui reste à faire.

Universal Music, pour sa part, va enfin réaliser une promesse que les labels ont fait dès les premiers pas de la musique en ligne : profiter de la souplesse et des faibles coûts d'internet pour ressortir du grenier des disques rares qui n'avaient jamais été édités en CD. Au mois de février, la major commencera un programme de mise en ligne de pas moins de 100,000 références qui n'avaient jamais été numérisées, piochées dans le répertoire de plusieurs pays, en commençant par la Grande-Bretagne et la France. Des disques de Jacques Brel, Marianne Faithjfull, Brigitte Bardot, Nirvana vont être ainsi distribués. Au final, dans 3 ou 4 ans, la major compte atteindre les 10,000 albums et promet de remonter jusqu'à la "musique des premiers jours de l'enregistrement phonographique".

Piratage : Barratier s'en prend au nerf de la guerre

La chasse aux téléchargeurs ne paie pas, pourquoi ne pas s'en prendre aux marchands du Temple ? Le réalisateur des Choristes, Christophe Barratier poursuit sept entreprises qui n'hésitent pas à acheter des espaces publicitaires sur les sites de téléchargement illicite de films. Soutenu par la Chambre syndicale des Producteurs de Films, il accuse ces annonceurs de complicité dans l'essor du piratage et donc dans la contrefaçon des films. Première audience mercredi à 14h à Paris.

Par Par Christophe ABRIC le 20 janvier 2006 à 20:27
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11 Commentaires

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  • Feawing, le 23/01/2006 à 10h37

    Si on en croit une étude sérieuse récente publiée par un magazine (sur les 99 cts d'un morceau, un artiste en récupère 6! inutile de dire que la part de la maison de disque est d'une autre nature: c'est la part du lion. Pour les films, c'est pas compliqué: un bon film est rentabilisé en salle. Si non c'est que vous avez merdé quelque part. Si vous faites un film sur un sujet qui ne plaira pas, voyez votre budget à la baisse. Et puis tout le discours des pajors part d'un postulat absurde: qu'on achèterais ce qu'on télécharge. Quelle connerie! En 18 mois au RMI, certains ont téléchargé plusieurs centaines de films, sans compter les série TV... Même ne ne mangeant pas, il n'aurait pas pu se payer les dvd correspondant. (sans compter que les dvd sont bardés de protections qui emmerdent l'honnête consommateur: les divx sur le P2P, non) Si je n'avais pas pu télécharger, je me serais abruti devant la télé, ou mis sur un jeu online (100 balles par mois) ou tout simplement, je me serais acheté une ou deux série de livres de poche: c'est le meilleur rapport temp diverti/prix du marché, non? Je crois que certains industriels du loisir scient la branchent sur laquelle ils sont assis.

  • Rémi, le 22/01/2006 à 13h34

    Le droit d'auteur est une escroquerie: Mickey devrait être libre, mais comme c'est toujours rentable, Disney a obtenue en 99 que la durée des droits d'auteurs soit rallongée à 99 ans. Rendez-vous en 2030 pour que le droit d'auteur soit rallongé à 2 siécles. Du fait de cet inégalité et du non respect du principe des droits d'auteurs par la loi: Mise à disposition du public en contrepartie d'un monopole "temporaire", cessons de respecter la loi. Inutile de faire la moindre pitiée, de toutes les facons, nous sommes en présence d'un système d'accaparement. Sur un CD de 15 chansons, on donne à l'artiste 2 Euros dans le meilleur des cas. Les frais de distribution sont quasi nul, c'est l'informatique. Coût de revient lorsque je divise par 15? Allez, un effort: 99 ct€? Non,0.12Ct€. En alignant les coûts à 0.2ct€, j'obtient une marge de 0.79ct€. Mort au peer to peer qui empéche nos escrocs de ce goinfrer. Monsieur le ministre de la stupidité francaise (Donedieu de Vabres, pour ceux qui n'ont pas encore compris) dites vous que tous les lobystes de l'industrie du disque sont payés avec cette marge que même la pharmacie n'ose pas faire. Alors, désobéissons et mettons sur la paille les majors dont l'argumentaire a largement dépassé le mur de la connerie. NB: Le peer to peer à relancé le spectacle vivant et nombre d'artistes qui se sont fait connaitre grâce au web vivent mieux aujourd'hui grâce à leurs tournée et à leur concerts. Universal, pardonnez moi ce putain de blasphéme.

  • OBB, le 22/01/2006 à 13h03

    Plus ils causent plus on download.

  • Fred, le 21/01/2006 à 22h01

    Pour info le P2P n’a pas attendu le « coup de pouce des majors », et il est depuis bien longtemps possible de trouver les Brel, les piaf, les Maurice chevalier et autre... Un grand merci aux « pirates » qui on pu conserver le patrimoine, et d’avoir malgré l’interdiction numérisée ces œuvres et de les avoirs partagées

  • Régis, le 21/01/2006 à 13h39

    Vive Universal et cette merveilleuse idée : Diffuser des morceaux qui n'ont plus de droits d'auteurs ne posent plus de pb d'éthique ou d'illégalité aux téléchargeurs... Voilà comment alimenter les sites de P2P, sans faire hurler les maisons de disques : Et pour ceux qui penseraient que le catalogue ne serait alors fournis que de Sheila, Trenet et autres Bourvil peuvent se rhabiller : Pink Floyd, Police, Alan Parsons Project, Art of Noices, Snap, U2, Joe Cocker, Johnny Halliday, Elvis, Daft Punk (eh oui, 10 ans déjà !!!), JJG, Cabrel, JMJ, Silvestri, Elfman, Williams, Clayderman (!!!) , Mouskouri (!!!!!), Roussos(???), et à ça s'ajoute tout le catalogues années 80 que je vous laisse imaginer... Indo, DM, Camouflage, Pastor, Lavilliers, etc... Mince ! J'en ai pour la décénnie à tous les lister !

  • David Winter, le 21/01/2006 à 11h40

    Je suis antiquaire spécialisé dans l'audio ancien (www.paleophonies.com), je suis ravi de voir que les vieux disques seront en ligne et permettront de préserver un patrimoine pour le moment en voie de disparition. Certes, il existe plein de sites proposant quelques titres, mais s'il pouvait y avoir un grand site pour mettre en ligne les vieux enregistrements, ce serait une idée vraiment intelligente, surtout si on peut par la suite y participer en proposant des enregistrements rares ou difficiles à transférer (je pense aux cylindres de phonographe qui sont difficiles à lire sans matériel onéreux, aux disques à gravure verticale nécessitant des têtes de lecture appropriées, aux 78 tours acoustiques, aux anciens vinyles, etc). A suivre... !

  • Janvier, le 21/01/2006 à 11h23

    Puisque tout se vend sur le net (y compris les inédits) il faut qu'on puisse acheter des morceaux en qualité CD non compressés en mp3. Car payer 1 euros un morceau compressé n'a aucun intérêt, sauf à permettre aux majors d'augmenter encre plus leurs marges en gagnant de l'argent sur le cout de la bande passante. Le mp3 avait un intérêt au moment où il y avait des débits faibles. Avec le haut et le très haut debit, et les protections DRM, les majors n'ont plus aucune excuse pour continuer à vendre des chansons en mp3 qui est loin de la hi fi.

  • Regis, le 21/01/2006 à 09h14

    Parait que les ventes de cd sont en chute libre...faut pas s'etonner, apres avoir abusé sur les prix pendant des années, que les gens se tournent vers le telechargement p2p.... d'autant que les daubes qu'on nous propose en ce moment.....

  • Jarod, le 21/01/2006 à 08h45

    Un pas en avant, un pas en arrière... un "geste" est fait mais une autre sanction est prise. va-t-on un jour trouver LA solution? on est pas encore au bout de nos peines!!!

  • Pierre marie vallez, le 21/01/2006 à 07h55

    Il serait peut-être temps de réformer cette mafia de sacem, parlez en à toutes les associations qui organisent une petite soirée (repas, loto, ou autre)pour financer leur petit budget, ces associations sont litéralement racquettées par la sacem, et que l'on ne vienne pas me dire que cet argent va aux artistes, cette rançon sert uniquement à faire tourner un système et certain en vive très bien .....

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