© INTERNEDes femmes, des hommes, des fonctionnaires, des profs, des avocats... Tous blogueurs de longue date ou non, ont réagi promptement à l'annonce de la révocation de "Garfieldd", pseudo d'un proviseur de collège à Mende en raison du contenu de son weblog (voir notre article). Ils lisaient ce blog, ils l'appréciaient, ils l'affirment sur leurs sites. Voici quelques uns de leurs témoignages. (NB : le site Embruns.net dresse une liste fort complète des billets sur le sujet)
- Kozlika (Kozeries en dilettante)
J'étais lectrice du blog de ce proviseur depuis plus d'un an lorsqu'il l'a fermé dès qu'il a appris qu'il était suspendu, le 19 octobre dernier. Sans être d'une pruderie excessive, je suis plutôt (très) pudique, pourtant jamais aucun billet - et je les lisais tous, même si je n'y portais pas le même intérêt en fonction du sujet abordé -, jamais aucune photo ne m'a peu ou prou choquée. Rien dans ce blog qui me ferait redouter que mes enfants tombent dessus. Les photos en question étaient de celles qu'on voit dans tous les magazines, typiquement les publicités pour telle ou telle marque de caleçon, la belle affaire ! Quant aux textes ils étaient d'une grande retenue, donnant de cet homme l'image d'une personne sensible et attentive aux autres, qu'il s'agisse de ceux évoquant sa vie affective ou de ceux concernant sa vie professionnelle. Discret, il n'a non plus jamais donné ni son nom ni le nom de l'établissement où il exerçait.
Mère de deux adolescents, j'ai souvent pensé que j'aimerais que mes enfants aient la chance d'avoir un tel homme, chez lequel la vocation de pédagogue ne laisse aucun doute, pour chef d'établissement.
- Veuve Tarquine (De bric et de blog)
Voyez-vous, Monsieur Paul Desneuf (directeur de l'encadrement à l'Education Nationale, NDLR), il se trouve que je lisais le "blog à Garfield", je le lisais tous les jours, fidélement.
Je le lisais parce que j'aimais son humanité.
J'aimais son regard sur sa profession.
Je me souviens de billet d'une rare sensibilité, loin des discours sirupeux et des affirmations de principes.
J'aimais l'homme qui l'écrivait et j'aimais l'image du proviseur qu'il offrait.
Une image saine et humaine.
L'image d'un proviseur que l'on souhaitait pour ses enfants.
Loin des discours convenus.
Loin des déclarations de principe qu'on sert à tue-tête pour se convaincre soi-même que l'on a raison.
- Maître Eolas, (Journal d'un avocat)
(Ce billet est une lettre au ministre Gilles de Robien, NDLR).
Sur son blogue, ce monsieur disait qu'il était proviseur. Rien ne l'interdit, et tu le sais : tu as fait droit, comme moi.
Sur son blogue, ce monsieur disait qu'il était homosexuel. Rien ne l'interdit non plus, et dieu merci, aujourd'hui, ce n'est plus honteux de le dire.
Sur son blogue, ce monsieur parlait de son école, sans jamais la nommer. Tu devrais lire ces archives, d'ailleurs, si tu as le temps, tu y apprendrais beaucoup de choses très intéressantes sur comment ça se passe sur le terrain.
Mais jamais, tu m'entends, Gilles, jamais ce monsieur n'a mélangé son métier et ses orientations sexuelles. JAMAIS il n'a fait le moindre rapprochement ni exprimé le moindre propos déplacé vis à vis de ses élèves. Je ne mens pas, tu peux vérifier. Aucun de ses propos ne tombe sous le coup de la loi pénale, et tu sais qu'en la matière, elle est rigoureuse.
- Thomas Quinot (Un soir de pluie et de vent)
Il me parlait, il nous parlait, de ses doutes d'humain, de ses désirs d'humain. Il nous parlait des garçons qui lui plaisaient, parfois. Oui, Garfieldd aime les garçons. Il l'a dit, comme chacun d'entre nous, blogueurs, avons pu dire nos envies, nos fantasmes, nos espoirs. Il l'a dit avec délicatesse, avec finesse, et jamais sous sa plume n'a coulé la vulgarité ou le déballage pour le plaisir du spectacle.
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