
tf1.fr : Nyxem.E semble être le virus le plus actif ces jours-ci. Où en est sa propagation ?
Eugenio Correnti : C'est effectivement celui qui circule le plus parmi les virus répertoriés. Certains éditeurs d'anti-virus parlent de 700.000 infections. Nous en avions 266.000 identifiées la semaine dernière, dont seulement 2.626 en France. Les pays les plus touchés sont la Turquie, le Pérou et l'Inde. L'infection peut avoir grossi, mais normalement de nombreux utilisateurs ont éliminé le virus.
Est-il un virus particulièrement virulent ?
Il est intéressant. Parce qu'il n'a clairement pas la puissance de propagation d'un Bagle ou d'un MyDoom, mais sa charge destructrice est très importante. C'est ce point qui nous concerne le plus : il ne se contente pas de supprimer les fichiers offices, les PDF et les archives ZIP et RAR, mais les écrase en les remplaçants par des copies de son code. Il n'y a ainsi aucune possibilité de récupérer les fichiers perdus. Et il ne fouille pas le seul disque dur de l'ordinateur, mais aussi les disques amovibles branchés. Il est supposé se lancer le 3 de chaque mois, en s'appuyant sur l'horloge interne de l'ordinateur. Nous avons testé, changé la date sur un PC de test, et il a effectivement écrasé tous les fichiers concernés.
Vous avez sorti un patch indépendant...
Oui, comme beaucoup de nos confrères, car c'est bien plus efficace que de mettre notre anti-virus à jour. Parmi ses nombreuses fonctions, Nyxem.E est supposé désactiver les anti-virus installés sur un ordinateur. On contourne cette attaque en lançant un patch indépendant.
Sait-on qui en est à l'origine ?
Aucune idée. On suppose qu'il a été lancé par le même groupe qui a sorti les quatre précédents virux Nyxem, mais c'est la seule piste dont nous disposions.
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