© INTERNEDeux mois après les organismes publics, des dizaines de milliers d'entreprises se sont ruées mardi sur les noms de domaine internet en ".eu", confirmant le succès de cette dénomination européenne censée bientôt concurrencer le ".com".
Durant la première heure d'enregistrement, une déferlante de 71.000 demandes ont été déposées auprès d'Eurid, le consortium chargé de gérer cette extension jusqu'en 2010.
Pendant ces minutes décisives, c'est le nom de domaine "sex.eu" qui a été le plus demandé avec 23 requêtes, devant "schumacher.eu" (15 demandes), "realestate.eu" et enfin "business.eu" (chacun 12 demandes).
Sex, hotel et travel, le palmarès de tête
L'extension ".eu" ne vise pas à remplacer les noms de domaines nationaux comme le ".fr" français ou le ".de" allemand, mais à le compléter, afin de créer une identité pan-européenne dans le cyberespace.
Depuis le 7 décembre, la primeur de l'enregistrement était réservée aux seuls organismes publics et marques déposées. A partir de maintenant et jusqu'au 6 avril, l'eldorado des noms de domaines en .eu s'ouvre aussi aux noms de sociétés, marques non déposées ou encore aux noms d'oeuvres artistiques ou littéraires.
"Concrètement, peuvent s'enregistrer tous les personnes titulaires d'un droit antérieur, mais ce sont les noms d'entreprises qui devraient constituer le gros des troupes", explique un porte-parole d'Eurid.
Durant la première phase réservée aux organismes et aux marques déposées, quelque 180.000 demandes ont été introduites --dont la moitié dès le premier jour!-- pour un peu plus de 131.000 noms de domaine, selon Eurid. Car certaines appellations attirent plus d'un candidat: le nom "sex.eu" avait ainsi déjà fait l'objet de 237 demandes lors de cette première phase, juste devant "hotel.eu" qui en avait attiré 123 ou encore "travel.eu" avec 97 requêtes.
Un million d'ici fin 2006
Pendant ces deux premiers mois, 13.500 demandes ont déjà été acceptées, 2.500 rejetées et 38.500 ont expiré faute d'envoi des documents nécessaires. En terme de pays, c'est l'Allemagne, déjà titulaire de 9,5 millions de ".de", qui a déposé le plus grand nombre de demandes (31%), devant les Pays-Bas (14,3%), la France (12,2%) et la Grande-Bretagne (9,6%).
Le but de ces deux phases initiales est principalement d'éviter le "cybersquatting", c'est à dire l'achat d'adresses par des personnes malveillantes en vue de les revendre pour des sommes faramineuses.
La Commission européenne, promoteur de l'opération, prévoit que ce prestigieux label concurrencera bientôt le ".com", fort de quelque 40 millions d'extensions dans le monde. Un million de noms de domaines en .eu devraient ainsi être déjà opérationnels fin 2006.
Une course très précise
Le 7 avril viendra le tour des particuliers. Toute personne établie ou résidant dans l'UE pourra alors demander son ".eu".
Toutefois, ce n'est pas parce qu'une entreprise s'enregistre dès aujourd'hui en ".eu" qu'elle est assurée de remporter la précieuse appellation, car c'est la règle du "premier arrivé, premier servi" qui s'applique, et ce au dix millièmes de seconde près!
En outre, même si une société ABCD déposait en premier une demande dans l'entonnoir informatique d'Eurid avant une autre société du même nom, elle devrait fournir en temps voulu les documents nécessaires prouvant qu'elle peut prétendre à ce nom. Sous peine de voir s'envoler le précieux sésame...
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