
Le site de discussion sur le téléchargement lancé mercredi par le ministère de la Culture a suscité une polémique qui a pris de l'ampleur vendredi, des artistes et internautes dénonçant un "fiasco", tandis que les promoteurs du projet évoquaient un "succès". Dans un communiqué, la ligue d'internautes Odebi a critiqué "la farce numérique lestelechargements.com, lancée à grand renfort de publicité par le gouvernement et les industriels de la culture". Odebi dénonce la "désinformation qui consiste à tenter de restreindre (sur ce site) le débat au problème du P2P, alors que le projet de loi DADVSI (relatif au droit d'auteur et aux droits voisins dans la société de l'information) a pour but premier de légaliser les dispositifs de contrôle d'usage (DCU ou DRM) et de pénaliser leur contournement".
De son côté, le Syndicat des artistes-interprètes et enseignants de la musique (Samup, 3.670 adhérents revendiqués) a fustigé une "opération de marketing au coût exorbitant, lancée aux frais du contribuable" (180.000 euros TTC financés par les ministères de la Culture et de l'Economie). "Censé donner le masque du modernisme et de la jeunesse à un projet de loi rétrograde de mise au pas des internautes", le site "a d'ores et déjà échoué à faire illusion", a jugé pour sa part la Spedidam (droits des interprètes), partisane de la "licence globale" (échange libre moyennant une redevance).
Le groupe de communication Publicis, opérateur du site, et le ministère de la Culture ont évoqué au contraire un "succès". "Nous avons eu en deux jours 40.000 connexions sur ce qui est le premier site véritablement pluraliste sur le téléchargement: il y a autant voire plus d'arguments contre que pour le projet de loi qui se sont exprimés", a-t-on affirmé au cabinet du ministre. "Si on avait voulu faire un site de propagande gouvernementale, on aurait verrouillé son accès. Or il y a eu un déferlement de propos parfois extrêmement bas et agressifs qui n'ont même pas été filtrés".
Le site lestelechargements.com a momentanément été désactivé vendredi matin, le temps d'apporter des modifications à son contenu, qui donne désormais une plus large place aux débats, selon Publicis et le ministère de la Culture.
Retour MYTF1





