© INTERNEVolkswagen est à l'origine de la réussite insolente d'Apple. Il y a 30 ans, le 1er avril 1976, deux Américains un peu fous nommés Steve Jobs et Steve Wozniak fondent Apple, avec l'argent gagné grâce à la revente d'un vieux minibus de la marque allemande. L'idée de Wozniack et Jobs est simple, mais pourtant révolutionnaire pour l'époque : concevoir un ordinateur que le grand public pourrait utiliser. Avec 1 300 dollars en poche, les deux Steve mettent au point Apple I dans le garage de la maison de Steve Jobs, à Palo Alto, en Californie. Vendue à 666, 66 dollars, cette première version permet de financer Apple II, présenté l'année suivante.
Le problème du financement vient pourtant vite ralentir les ardeurs et les idées florissantes des deux concepteurs. Aucune banque ne se risque dans un tel projet, car l'idée d'un ordinateur grand public, si elle va de soi aujourd'hui, paraissait complètement farfelue au milieu des années 70. Steve Jobs réussit finalement à convaincre Mike Markkula de financer Apple. L'homme investit 250 000 dollars et devient par la suite le patron de l'entreprise, de 1981 à 1983.
Macintosh, Lisa, Newton et les autres
Mais toutes les inventions qui suivent ne connaissent pas le même succès. Le modèle Lisa lancé en 1983 est un échec. Avec le Macintosh, commercialisé en 1984, équipé d'un lecteur de disquette intégré et surtout d'une "souris" permettant de naviguer avec un curseur sur l'écran, Apple dynamite le marché. Ces inventions se trouvaient déjà sur Lisa, mais celui-ci était handicapé par son prix, proche de 10 000 dollars. Le Macintosh ne coûte lui que 2 500 dollars, 4 800 dollars en valeur actuelle, et offre surtout un programme de navigation simple qui sera rapidement copié par tous les concurrents de la marque. L'agenda personnel Newton, lancé peu après, est un nouvel échec mais sera copié par la concurrence, comme Palm et Psion.
Apple périclite sans son gourou
Dans les années 80, Apple affirme de plus en plus sa position de visionnaire, mais le groupe est secoué par une crise interne qui débouche sur le départ de Steve Jobs en 1985. Il est remplacé par Jim Sculley qui aurait alors dit: "Il n'y a plus de place pour Steve Jobs dans l'entreprise, aujourd'hui ou demain". En quelques années, les pertes s'accumulent et les parts de marché reculent. Le groupe est au bord de la faillite, écrasé par la toute-puissance de Microsoft.
Steve Jobs, attendu comme le messie, reprend la main sur la compagnie en 1997: l'iMac avec ses formes arrondies, ses couleurs chatoyantes, puis l'iBook blanc et son design futuriste marquent une nouvelle ère pour Apple qui réussit sa mutation, sauvée par les designers, auxquels les ingénieurs doivent désormais s'adapter. Ce nouveau souffle est la preuve que la réussite de la compagnie est indubitablement liée à son fondateur, génie excentrique toujours à la pointe de l'innovation. Steve Jobs est rouage indispensable à la bonne santé de l'entreprise et devient une véritable icône, un "gourou" pour toute une frange d'utilisateurs des produits de la marque à la pomme.
La success story iPod + ITunes
Mais c'est en 2001 que la société fait son entrée dans le 21e siècle, avec le baladeur iPod. Associé à iTunes, qui permet de stocker et télécharger de la musique sur Internet, les deux produits renforcent la position de la compagnie. Aujourd'hui, iTunes domine le marché de la musique sur Internet, avec 75 % des ventes mondiales sur le Web. Les iPods, férocement tendance, se vendent au rythme de 100 par minute en 2005. L'iPod vidéo, lancé l'année dernière, marque une nouvelle étape sur le marché du multimédia, enclenchant une révolution symbolisée par le Podcast.
La marque à la pomme n'entend pas s'arrêter en si bon chemin. Le nouvel iPod vidéo, avec un écran encore plus grand et un téléphone mobile multimédia, l'iPhone, attendus fin 2006, permettront, s'ils sont couronnés de succès commercial, à la société de Steve Jobs d'exister pour encore quelques années. Car Apple le sait depuis 30 ans, sa survie est intimement liée à ses constantes innovations.
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