Droit d'auteur : la surprise du 21 décembre n'a pas été renouvelée

Par Par Christophe ABRIC, le 08 mars 2006 à 00h05 , mis à jour le 08 mars 2006 à 07h18

Questions de procédure, débats animés dans l'hémicycle : l'examen de la nouvelle mouture du projet de loi sur le droit d'auteur ne s'est pas faite dans la sérénité. Les partisans de la licence globale ont multiplié les amendements sans toutefois réussir à les faire adopter.

Assemblée nationale député parlement loi législation droit lci © lci

Après quatre heures de débats introductifs, de questions de procédure sur le retrait d'article opéré la veille par le gouvernement (voir notre article), les partisans de la licence globale gardent le sourire... sans toutefois se faire trop d'illusions. "La fenêtre de tir est réduite, reconnaît Patrick Bloche (PS). Ils ont bétonné en face", explique-t-il, faisant référence à la forte mobilisation des députés UMP et à l'union affichée par Bernard Accoyer, le président du groupe majoritaire à l'Assemblée.

Le sourire reste cependant, parce qu'au sein même de l'UMP, la dissidence n'entend pas se taire. Elle est certes réduite à peau de chagrin - Dupont d'Aignan, Suguenot et Boutin - mais reste mobilisée. Si bien qu'entre les députés UMP restés fidèles à l'idée d'une licence globale et ceux, parmi les socialistes, défendant depuis longtemps ce principe, le texte examiné se retrouve miné d'amendements et de sous-amendements "visant à faire entrer le téléchargement dans le cadre 'de l'exception copie privée'". Soit à faire revenir par la fenêtre les prémisses d'une licence globale, que le gouvernement avait à souhait d'enterrer.

"Un Internet équitable"

Le ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres a pourtant présenté son texte comme fondateur d'un "internet équitable", celui "de la liberté de création des auteurs, de la liberté d'accès du public aux oeuvres, de la liberté des créateurs de choisir les conditions d'accès à leurs œuvres et de leur rémunération". Le président du groupe UMP, Bernard Accoyer, a estimé pour sa part que "tous les problèmes avaient été résolus" grâce à "un formidable travail de concertation" et qu'aujourd'hui, la "licence globale ne paraît plus constituer une réponse adéquate pour une majorité de députés UMP".

Les députés passent, les argumentaires se succèdent. Et avant la pause, Christian Paul ferme la marche, condamnant un nouveau texte qui n'a "même plus la cohérence répressive de son prédécesseur". Pour le défenseur de la licence globale, le nouveau texte du gouvernement entretient un flou juridique, et l'amende de 38 euros qu'il met en place n'aura non seulement pas d'effet dissuasif, mais ne compensera pas les pertes, puisque les sommes ainsi collectées "iront dans le budget de l'Etat".

"Cela tord la copie privée"

A 22h, l'examen du texte et des amendements commence. Les députés UMP sont nombreux, et prêts, à quelques exceptions près, à soutenir le projet du ministre. Le deuxième sous-amendement posé par Patrick Bloche, le 308, est le premier à défendre l'assimilation du téléchargement à de la copie privée. Une idée condamnable pour le ministre, un amendement qui "ne profiterait pas aux internautes", qui "briserait les efforts pour briser la fracture numérique", une licence qui "ne serait pas optionnelle pour les artistes", qui ne compenserait pas le manque à gagner...

Christine Boutin a beau apporter un vif soutien à cet amendement, Jean Dionis du Séjour (UDF) y voit pour sa part 'un texte qui tord la copie privée", et l'amendement est rejeté, ainsi qu'une poignée d'autres du même acabit. La surprise du 21 décembre n'a pas été renouvelée ce 7 mars au soir. Mais l'examen du texte n'est pas terminé, et les amendements encore foison...

Par Par Christophe ABRIC le 08 mars 2006 à 00:05
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5 Commentaires

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  • ALIMAUT, le 08/03/2006 à 11h19

    LS DEPUTES ONT RETOURNES LEURS VESTES. DROLE DE CONCEPTION DE LA DEMOCRATIE. COMBIEN EN DESSOUS DE TABLE ONT ILS TOUCHES? SERAIT BIEN SUR CENSURE. POURQUOI PAYER PLUS DE 500 PERSONNES A SIEGER ?

  • Seb, le 08/03/2006 à 10h57

    Alors piratage il y aura .... Une licence globale etait un avantage pour tous , surtout si on compte le nombre d' abonnés haut debit ca raporterai un max au "geant de la musique"

  • Frédéric, le 08/03/2006 à 10h02

    Le refus de ces admendements revient a interdire purement et simplement l'adaptation du droit à la copie privée sur Internet. Impossible par exemple de transmettre à une personne de votre cercle famililal un disque que vous avez acheté. Bienvenue dans la nouvelle société de l'information.

  • Feawing, le 08/03/2006 à 09h33

    Je suis presque surpris qu'ils ne forcent pas la passage de la loi: ils sont sûr de gagner ou ils se sont découvert une volonté de gagner une election un jour?

  • E, le 08/03/2006 à 08h03

    Ha! encore un bel exemple de démocratie de la part de notre gouvernement. Vivement l'année 2007!!! DEHORS!!!!!!

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