La majorité enterre la licence globale

le 09 mars 2006 à 21h02 , mis à jour le 10 mars 2006 à 08h52

Après une journée de procédures parlementaires, les députés UMP ont rejeté jeudi l'article premier du projet de loi sur les droits d'auteur en l'absence des députés PS, PCF, Verts et UDF qui avaient quitté l'hémicycle en signe de protestation.

Assemblée nationale discrimination homophobie sexisme © lci

Sans surprise, la majorité UMP a enterré jeudi la licence globale (le téléchargement privé au forfait), le désormais fameux article 1er, amendé, réintroduit mercredi soir dans le texte de loi par crainte d'inconstitutionnalité. Refusant de passer au vote, les députés de gauche et l'UDF avaient quitté les bancs de l'hémicycle en criant "mascarade", "vous déshonorez l'Assemblée", "c'est scandaleux".

Plutôt dans la journée, la gauche et l'UDF avaient mené une résistance, parfois procédurière, pour dénoncer la stratégie du ministre de la Culture et pour tenter d'obtenir la levée de l'urgence sur ce texte. Mais, après une matinée d'enlisement, le président de la séance, Yves Bur (UMP), a forcé le débat en appelant les amendements un à un, malgré les vives protestations de l'opposition et des centristes.

Droit d'auteur: le débat
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Plateforme publique

En revanche, les députés se sont prononcés à l'unanimité en faveur de la création d'une plateforme publique de téléchargement de musique, par un sous-amendement du PCF. Il ne s'agit encore que d'une déclaration de principe car le texte stipule que "dans les six mois suivant la promulgation de la présente loi, le gouvernement transmet au Parlement un rapport relatif aux modalités de la mise en oeuvre d'une plateforme publique de téléchargement visant à la fois la diffusion des oeuvres des jeunes créateurs dont les oeuvres ne sont pas disponibles à la vente sur les plateformes légales de téléchargement et la juste rémunération de leurs auteurs".

Deux autres sous-amendements ont été adoptés à l'unanimité. L'un, émanant de l'UMP, assure que "l'auteur est libre de choisir le mode de rémunération et de diffusion de ses oeuvres ou de les mettre gratuitement à la disposition du public". L'autre, présenté par l'UDF, porte sur le régime d'assurance sociale des photographes de presse et leur permettra de passer un accord de branche ce qui leur était jusqu'à présent impossible. Les députés reprendront à partir de mardi l'examen du projet de loi et le vote sur l'ensemble du texte, initialement prévu mercredi, a été reporté à une date ultérieure.

le 09 mars 2006 à 21:02
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3 Commentaires

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  • Gilles, le 10/03/2006 à 11h45

    Il fallait bien s’attendre à ce que l’article 1er soit définitivement balayé. Si ‘il a été réintroduit c’est que le ministre avait la garantie que l’UMP voterait contre. Où est la transparence quand tout est déjà prêt pour enterrer cet article 1er. C’est honteux, comment pouvons nous avoir confiance en nos élus quand on voit qu’ils font tout et n’importe quoi et toujours au détriment des français qui ne font pas parti de la caste des nantis. Car il faut bien dire que nos gouvernants ne travaillent que pour cela..

  • Frédéric, le 10/03/2006 à 11h36

    Au dela d'enterrer la licence globale, ils enterrent surtout la jurisprudence qui considerait le téléchargement comme un acte possible de copie privée.

  • Norbert, le 10/03/2006 à 10h00

    C'est déprimant ! Les députés de la majorité n'ont pas encore compris qu'interdire le téléchargement en P2P c'est comme interdire d'écouter la radio ou de regarder la TV. Or pourquoi ça ne choque personne de payer une licence globale (redevance TV) de moins de 12O euros par an pour avoir accès à des films et des clips musicaux que l'on peut enregistrer sur magnetoscope ? Il faudra donc attendre de constater que les effets de cette loi vont à l'inverse de son objectif. Les téléchargements vont continuer (il est technologiquement impossible de s'y opposer) alors que les artistes n'en vont récupèrer aucun revenu... quelle perte de temps alors que d'autres sujets en France mériteraient plus d'attention !

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