© INTERNEUn procès d'envergue s'est ouvert lundi à Luxembourg. Sur le banc des accusés, le géant Microsoft, qui va essayer de convaincre le Tribunal de Première instance de la Cour européenne de Justice (CEJ) que sa condamnation pour pratiques anticoncurrentielles est infondée. Les enjeux sont de taille pour les deux parties : la Commission européenne met en jeu sa crédibilité alors que Microsoft joue l'avenir de ses pratiques commerciales.
La plus forte amende jamais infligée par Bruxelles
Le 23 mars 2004, le numéro un mondial des logiciels avait été contraint par Bruxelles à s'acquitter d'une amende de 497 millions d'euros. Microsoft avait également été enjoint à commercialiser son système d'exploitation Windows sans son logiciel de lecture vidéo et à divulguer les protocoles informatiques nécessaires au dialogue ou "interopérabilité" de Windows avec les produits concurrents.
Microsoft intègre depuis une quinzaine d'années dans Windows des logiciels comme le navigateur Internet Explorer ou le lecteur audio vidéo Windows Media Player. Une pratique qu'il ne compte pas abandonner puisqu'il prévoit d'intégrer début 2007 un moteur de recherche ainsi qu'un anti-virus dans Vista, la nouvelle version de Windows.
Confidentialité contre interopérabilité
Pour sa défense, Microsoft juge essentiel de maintenir confidentielles certaines informations techniques, notamment à l'égard des éditeurs de logiciels libres, afin de défendre ses droits de propriété intellectuelle. A l'inverse, la commissaire à la Concurrence Neelie Kroes estime que l'intégration de nouveaux produits dans Windows élimine les concurrents. A long terme, cette pratique tuerait l'innovation, selon elle. Côté interopérabilité, elle estime que Microsoft n'a pas encore fourni la documentation adéquate et cherche à protéger des secrets qui ne devraient pas en être.
L'arrêt rendu fin 2006 ou début 2007
Le procès se déroule devant la Grande Chambre de 13 juges, qui traite les cas particulièrement sensibles. La multinationale n'a d'ailleurs pas hésité à s'offrir les services de plusieurs anciens juges de la CEJ afin d'organiser en janvier un procès blanc aux Etats-Unis. Trois avocats plaideront pour la Commission, soutenue par plusieurs associations comme ECIS (IBM, Oracle, Sun Microsystems, Real Networks...) ou la Fondation européenne du logiciel libre. L'arrêt du Tribunal, qui devrait être rendu fin 2006 ou début 2007, constituera un test essentiel pour Bruxelles, désavouée à plusieurs reprises par la justice européenne.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




