cd multimedia P2P © drLe DADVSI revient, et il n'a pas fini de faire parler de lui. Le projet de loi sur le droit d'auteur et les droits voisins dans la société de l'information sera débattu au Sénat du 4 au 10 mai prochains.
Or, les débats risquent d'être à nouveau difficiles au Palais du Luxembourg, les sénateurs ayant adopté en commission une série d'amendements d'ores et déjà contestés par des internautes, des associations de défense du logiciel libre et certaines sociétés de droits d'auteurs (voir notre article).
"Rendre possible" l'opérabilité
En commission, les sénateurs ont limité la portée de l'interopérabilité (possibilité de lire sur n'importe quel support un fichier acheté sur un site légal) votée par les députés et qui avait pourtant fait l'objet d'un consensus politique. Le leader mondial du téléchargement de musique légale, iTunes d'Apple, s'était vivement élevé contre l'interopérabilité, menaçant même de fermer ses opérations en France.
"Il ne faut peut-être pas imposer l'interopérabilité, mais la rendre possible", déclarait récemment à la presse le rapporteur du texte au Sénat, Michel Thiollière (RDSE, radical de droite).
Dans un entretien samedi au Herald Tribune, Renaud Donnedieu de Vabres a cependant manifesté son attachement à l'interopérabilité. "Notre intention avec cette loi est de casser l'emprise d'une technologie sur des oeuvres culturelles. Quand j'achète un CD ou une vidéo sur internet, je dois pouvoir le lire sur n'importe quelle machine", a-t-il dit. "Je n'ai absolument rien contre iTunes et il ne s'agit pas d'une quelconque vengeance ou de protectionnisme à l'encontre d'une société étrangère", a-t-il insisté.
Plus de "collège des médiateurs" ?
Les sénateurs ont également remplacé le collège des médiateurs, qui doit décider du nombre autorisé de copies privées d'une oeuvre numérisée et contrôler l'interopérabilité, par une autorité administrative intitulée "Autorité de régulation des mesures techniques de protection" élargie à des personnalités de la société civile. Ils ont élargi les exceptions pour copie privée en faveur de l'enseignement, de la recherche et des bibliothèques, suscitant l'inquiétude de nombreux auteurs. Le projet de loi "relatif au droit d'auteur et aux droits voisins dans la société de l'information" (DADVSI) transpose en droit français la directive européenne du 22 mai 2001, en l'élargissant à l'ensemble des droits d'auteur dans le numérique.
Enjeu majeur
Il vise à empêcher toute copie sauvage sur internet en légalisant le contrôle de l'usage des oeuvres numériques par des mesures techniques de protection (MTP). Il institue des sanctions graduées allant d'une amende de 38 euros pour l'internaute téléchargeant illégalement, à une peine de 3 ans de prison et 300.000 euros d'amende pour celui qui commercialise un logiciel destiné au piratage. Ce texte très technique représente un enjeu majeur pour l'industrie de la musique et du cinéma. Il a été plusieurs fois amendé et remanié par le gouvernement après que quelques députés eurent mis le feu aux poudres en légalisant le téléchargement sur internet contre paiement forfaitaire. Cette "licence globale" avait été finalement retirée après une bataille acharnée de l'opposition et d'une partie de l'UMP. Ce projet divise profondément les partis. Au Sénat, la gauche votera contre, mais elle ne devrait pas batailler pied à pied comme à l'Assemblée, estimant qu'il n'est pas possible de légiférer sérieusement dans les conditions imposées par le gouvernement.
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