© INTERNELes sénateurs ont adopté mercredi soir le projet de loi très contesté sur le droit d'auteur en modifiant le texte déjà voté en première lecture par l'Assemblée nationale, notamment sur l'interopérabilité, c'est-à-dire le droit de lire une oeuvre sur le support de son choix. Le texte a été adopté par 164 voix pour et 128 contre. L'UMP et une partie du RDSE (radicaux) ont voté pour, le PS, les Verts, le PCF contre, l'UDF s'est abstenue.
Ce texte avait été adopté à l'Assemblée par le scrutin le plus serré depuis le début de la législature à l'issue d'un débat très agité. Le projet de loi ayant été déclaré en urgence il va maintenant être soumis à une commission mixte paritaire, composée de 7 sénateurs et 7 députés pour arriver à un texte consensuel. Le ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres a indiqué qu'il n'y aurait pas de deuxième lecture à l'Assemblée les modifications ne le justifiant pas.
Amendements inattendus
Outre la limitation de l'interopérabilité (lire notre article), les principales modifications introduites par les sénateurs sont : l'instauration d'une nouvelle exception au droit d'auteur, dite "exception pédagogique" destinée à l'enseignement et à la recherche, la mise en place d'une Autorité de régulation des mesures techniques de protection (c-à-d des verrous informatiques destinés à limiter les copies) ou la création d'un registre public des oeuvres protégées.
Un amendement communiste améliorant les droits des artistes-interpètes a été contre toute attente adopté. Plusieurs amendements de Michel Charasse (PS) ont été en outre adoptés contre l'avis du gouvernement visant à un plus grand contrôle des sociétés de gestion des droits d'auteur et de l'utilisation de fonds affectés à la création.
Sanctions graduées
Le projet de loi "relatif au droit d'auteur et aux droits voisins dans la société de l'information" (DADVSI) transpose en droit français la directive européenne du 22 mai 2001, en l'élargissant à l'ensemble des droits d'auteur dans le numérique. Il vise à empêcher toute copie sauvage sur internet en légalisant le contrôle de l'usage des oeuvres numériques par des mesures techniques de protection.
Il institue des sanctions graduées allant d'une amende de 38 euros pour l'internaute téléchargeant illégalement, à une peine de 3 ans de prison et 300.000 euros d'amende pour celui qui commercialise un logiciel destiné au piratage.
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