La loi sur le droit d'auteur a été votée malgré tout

Par D.H. avec AFP, le 30 juin 2006 à 15h46 , mis à jour le 30 juin 2006 à 16h13

Après une longue et intense bataille, le Parlement a définitivement adopté vendredi le projet de loi sur le droit d'auteur. Il prévoit notamment des sanctions graduées pour les internautes effectuant des téléchargements illégaux. Le principe d'interopérabilité a été maintenu et placé sous contrôle d'une autorité ad hoc.

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Cela n'a pas été simple mais c'est chose faite. Après plus de six mois de débats houleux, d'innombrables amendements et des portes claquées (Lire l'article), les députés ont définitivement entériné vendredi le projet de loi "relatif au droit d'auteur et aux droits voisins dans la société de l'information" (DADVSI).

Sanctions graduées

Le texte institue des sanctions graduées afin d'empêcher tout téléchargement illégal ou copie sauvage sur internet. Ces sanctions vont d'une simple amende de 38 euros pour l'internaute téléchargeant illégalement à une peine de 3 ans de prison et 300.000 euros d'amende pour celui qui commercialise un logiciel destiné au piratage.

Finalement, le controversé droit de lire de la musique téléchargée sur le baladeur de son choix (principe d'interopérabilité) est inscrit dans le texte, mais est strictement encadré par une Autorité administrative indépendante qui ne sera saisissable que par les professionnels et pas par les utilisateurs.

Un dispositif concernant la responsabilité des éditeurs de logiciels a finalement été adopté. Il avait été introduit par l'Assemblée mais supprimé le Sénat pour être réintégré par la Commission paritaire. Ne seront donc pas pénalisés les téléchargements illicites de "logiciels destinés au travail collaboratif, à la recherche ou à l'échange de fichiers ou d'objets non soumis à la rémunération du droit d'auteur".

Vote difficile

Même dans les rangs de la majorité, le texte était critiqué par certains, comme Christine Boutin, qui ont voté contre. Les socialistes ont confirmé qu'ils allaient saisir le Conseil constitutionnel.

Jusqu'au bout, le texte aura suscité des remous. Vendredi encore, PS, PCF et UDF -qui ont tous voté contre- ont défendu des motions de procédure visant à rejeter le projet de loi... en vain. Brandissant la déclaration des Droits de l'homme et du citoyen, le président de l'UDF François Bayrou a accusé vendredi le gouvernement d'avoir "constamment dissimulé les enjeux" et "refusé de nommer les pressions". Une allusion à la menace du groupe Apple de quitter la France à cause du principe d'interopérabilité. Le PS Patrick Bloche a de son côté fustigé un "texte bancal, anachronique, inintelligible, inadapté aux évolutions technologiques".

Parcours chaotique

L'urgence avait été déclarée face aux critiques sur le texte qui avait finalement été mis au point par une commission mixte paritaire (CMP) Assemblée-Sénat, pour transposer une directive européenne de 2001. Mi décembre, le gouvernement avait même dû suspendre l'examen du texte après l'adoption par les députés, contre son avis, d'amendements autorisant la "licence globale", dispositif consistant à légaliser le téléchargement sur internet pour usage privé en contrepartie d'une rémunération forfaitaire versée aux auteurs.

Par D.H. avec AFP le 30 juin 2006 à 15:46
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7 Commentaires

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  • Mamie, le 30/06/2006 à 17h36

    Pour certaines choses , cela va vite pour mettre des lois en place. C'est mieux de courir après des internautes qui téléchargent de la musique. Par contre difficile de piquer des internautes pédophiles, pervers . Car, sur le net du sexe pas besoin de chercher pour en trouver. Mais là , personne pour faire la police, personne pour faire des lois.

  • Yann, le 30/06/2006 à 17h36

    Pauvre nous : on est dirigé par des incompétents. La palme ce coup-ci revient à Renaud Donnedieu de Vabres : "RDDV, vendu !"

  • Carl, le 30/06/2006 à 16h56

    Et nos parents, quand ils enregistraient de la musique sur cassette a partir du poste radio, eux ils n'avaient pas de loi.......

  • Bruno, le 30/06/2006 à 16h51

    Le gouvernement avait de toute manière décidé de la faire passer en force. C'est chose faite. De toute manière, le prochain gouvernement Royal reviendra irrémédiablement sur cette loi imposée par les Majors et qui sent la corruption a plein nez ! Jamais il n'ont parlé du droits d'acces a la culture pour les pauvres, de la taxe sur les cds vierges... Dans ce gouvernement, plus ils se trompent, plus ils imposent ! Cf CPE ... CQFD ...

  • Ainardi, le 30/06/2006 à 16h46

    Et donc, la taxe sur les CD et autres DVD vierges est supprimée ?

  • Un internaute, le 30/06/2006 à 16h45

    Profiter de l'engouement de la coupe du monde pour faire passer ce projet en toute discretion.... bien joué !!!

  • Jose, le 30/06/2006 à 16h39

    Le Conseil Constitutionnel... on connaît son rôle en théorie, mais à quoi sert-il en PRATIQUE ? On a bien vu son inaction dans le cas, pourtant dramatique, du CPE. Faut-il avoir le moindre espoir dans le cas de cette loi DADVSI ? Le véritable espoir est que cette loi injuste soit abrogée tôt ou tard par un gouvernement plus responsable. Electeurs de 2007, vous savez ce qu'il vous reste à faire. Ne l'oubliez pas dans 6 mois.

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