Quelle parade au "pompage" sur internet ?

Par Par Christophe ABRIC, le 19 juin 2006 à 19h08 , mis à jour le 20 juin 2006 à 11h23

Face au nombre croissant de travaux estudiantins plagiés sur internet, les universités et les grandes écoles cherchent la parade. Lci.fr a posé trois questions à Frédéric Agnès, créateur de Compilatio, un service de repérage des plagiats.

TF1/LCI Bac Baccalauréat examen philosophie lycéens

Il y a quinze-vingt ans, les étudiants allaient chercher dans les bibliothèques de quoi remplir leur devoir. Aujourd'hui, ils passent par Google : le plagiat est devenu courant chez des étudiants qui n'hésitent pas à copier-coller des pans de texte entier dans la rédaction de leurs travaux. La société Six Degrés a lancé un service de détection des plagiats, Compilatio, auquel ont souscrit plusieurs universités et grandes écoles. Il évoque ce phénomène pour lci.fr

Lci.fr : Les lycéens et étudiants ont de plus en plus recours à l'internet pour réaliser leurs devoirs et travaux. Sait-on s'ils sont nombreux à plagier des documents existants ?

Frédéric Agnès : Nous avons réalisé une étude avec une société indépendante, auprès d'environ 1000 étudiants et 200 enseignants, issus d'universités et de grandes écoles. Trois étudiants sur quatre y déclarent avoir recours au copier-coller. Ils estiment de même que trois travaux sur quatre contiennent au moins un passage plagié. Ce n'est pas forcément dramatique : auparavant, on le faisait avec des livres. Mais recopier un livre implique de lire le passage recopié. Avec le copier-coller, on peut survoler le passage plagié, sans plus d'effort.

On note surtout un usage décomplexé de la part des étudiants, qui estiment que c'est une pratique tolérée, entrée dans les mœurs. Ils ne le font pas par désintéressement, mais pour améliorer leur confort de travail...

Votre logiciel permet de détecter des passages plagiés. Les enseignants s'en servent-ils aussi pour dissuader les élèves ?

De nombreux témoignages de professeurs vont dans ce sens : ils nous disent qu'après avoir ouvertement utilisé le logiciel, et en avoir averti les élèves, ils ont constaté une nette amélioration dans la qualité des travaux, et une diminution des passages plagiés.

Ce qui est intéressant, c'est que ce service que nous destinions d'abord aux professeurs commence à intéresser les étudiants, qui voudraient vérifier qu'ils n'ont pas abusé du copier-coller ou qu'ils ont été assez scrupuleux dans leurs citations bibliographiques. Nous avons créé le Pompotron, qui leur permet de vérifier cela, sans pour autant leur donner toutes les clés qui leur permettraient de duper le logiciel destiné aux professeurs...

A côté de votre outil de surveillance a posteriori, n'y a-t-il pas un clair besoin de pédagogie, pour éviter ce genre de dérive ?

La moyenne d'âge de notre société est très basse : nous avons la plupart moins de trente ans, et étions encore étudiants il n'y a pas si longtemps... Nous ne sommes pas partis avec l'idée de faire un logiciel permettant d'envoyer les élèves en conseil de discipline. L'idée était de prévenir, d'encourager la pédagogie. Nous accompagnons des utilisateurs experts lors de la création de comptes. Mais c'est ensuite aux professeurs de bien expliquer l'intérêt qu'il y a à bien user de la citation.

Par Par Christophe ABRIC le 19 juin 2006 à 19:08
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11 Commentaires

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  • TITEUF53, le 21/06/2006 à 12h03

    Si, si Kangourou, je parle bien de profs qui demandent à leurs éleves de prendre les cours sur le net.

  • Kangooroux, le 20/06/2006 à 17h55

    Pour H et Titeuf, sachez d'une part que ce sont les profs, et non les élèves qui "font les cours" (soyons rigoureux sur ce point). Ensuite, au collège (même dès la primaire parfois), il est vrai que les élèves sont incités à utiliser "les moyens modernes de communication". Les élèves valident d'ailleurs tout au long de leur cursus le fameux B2i (Brevet informatique et internet), mais cela n'a pour intérêt que de les habituer à utiliser intelligemment et à bon escient l'outil informatique. En aucun cas il ne s'agit de leur dire "faites du copier/coller", mais justement à exercer leur regard critique sur la multitude de données qui s'offrent à eux, et qu'ils seront amener à utiliser, y compris en dehors de l'aspect scolaire!

  • Quid, le 20/06/2006 à 16h05

    Bon article il faut arreter de se leurrer, enormement d'etudiants ont recours au copier coller. ce qu'on veut c'est des gens formés qui ont obtenus leurs diplomes sans fumsterie. tout ce qui va dans ce sens est utile.

  • TITEUF53, le 20/06/2006 à 15h40

    Entierement d' accord avec H, BUDA. Se sont les profs qui encouragent cela.( du moins certains profs). C' est tellement plus facile de dire aux élèves d' aller voir sur internet, plutôt que de préparer un cours !

  • Popaul, le 20/06/2006 à 13h55

    C'est de la pub gratuite pour le logiciel cet article ! En effet je pense que les profs sont assez intelligents pour repérer des morceaux de textes plagiés !

  • Pierre, le 20/06/2006 à 13h53

    Professeur Universitaire aux Etats Unis, je fais partie de tous les professeurs qui sont habitues a ce genre de pratique de copier coller un devoir sur internet. La parade est relativement facile bien que pas a toute epreuve. La premiere choses a faire est d'exiger des eleves de rendre leur devoir sous forme de fichier electronique. La deuximeme conciste a faire en sorte que l'universite soit dote de services d'acces informatiques qui permettent de detecter le plagia. La troisieme chose a faire est de soumettre tous les devoirs a ses services afin de detecter le plagia. Efin une politique tres simple doit etre mise en place et indique dans le Syllabus du professeur et dans le reglement de la faculte. le reglement doit dire les choses suivantes: Tous les eleves doivent eu meme rendre un sommaire venant d'un service de detection de plagia afin de prouver qu'ils ont fait du mieux pour eviter le plagia. Ensuite, les eleves doivent etre informes qu'un devoir qui serait rendu sans indiquer clairment et selon les normes literaires, les sources de tout copiages et collages seront automatiquement sanctionner par un zero pour le devoir et une note eliminatoire pour l'annee. Le reglement specifiera enfin le pourcentage maximum de copiage et collage acceptable dans un devoir. J'ai mis en application ce systeme depuis pres de cinq ans dans mes cours et pour tous les programmes dont je suis responsables et cela marche tres bien. La premiere annee nous avons expulser de la fac, cinq a six pourcent des eleves. A l'heure actuelle, on en elemine pas plus de deux ou trois.

  • Laurent, le 20/06/2006 à 12h37

    Un copié collé? Le style d'écriture est un peu comme une fractale : que l'on prenne un pararagraphe, une page, un chapitre un livre entier, on aura la meme structure, le meme style. Détecter les zones de copié collé revient à priori à détecter les variations structurelles au sein du document. Ce qui m'amene à la question suivante : Les professeurs n'arrivent-ils pas tout seul à détecter un changement de style d'écriture? S'il n'y a pas de changement malgré un copié collé, c'est que l'élève a du reformuler et donc dans ce cas il s'agit un peu d'une copie de livre, puisqu'il a réecrit... Personnellement, je ne vois pas trop le probleme. Une bonne parade consiste souvent à demander quelques pages de rédaction, les copiés coller dépassant rarement les deux pages.

  • H, le 20/06/2006 à 12h28

    Je ne comprends pas tres bien ce que veut l'Education Nationale. Mes filles en CM1 et en 5eme sont encouragees a faire des recherches sur des sujets sur Internet et a "copier-coller" pour rendre un devoir. Qu'ils n'aillent pas se plaindre apres!

  • Jamian, le 20/06/2006 à 10h22

    Faut pas exagérer quand même. Pourquoi un tel logiciel, alors qu'il suffit au prof, dès qu'il a des doutes, de faire une simple recherche google pour généralement retrouver la source très facilement ? (les profs que je connais y arrivent très bien en tout cas...)

  • Thomas, le 20/06/2006 à 09h50

    Bon article, qui ne fait qu'effleurer le dessus de l'iceberg.... Pour une approche plus approfondie, allez voir l'excellent site internet de Michèle Bergadaa, professeur à l'université de Genève, qui a initié une réflexion sur ce sujet : http://responsable.unige.ch/

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