DADVSI : la stupéfaction des opposants

le 28 juillet 2006 à 18h07 , mis à jour le 28 juillet 2006 à 18h12

Les opposants au texte de loi sur le droit d'auteur se sont déclarés "consternés" par le durcissement du texte par le Conseil Constitutionnel. L'industrie du disque se déclare en revanche satisfaite.

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Artistes comme internautes se sont déclarés vendredi consternés par la censure par le Conseil constitutionnel de la loi sur les droits d'auteurs, qui aura pour effet d'aggraver les sanctions infligées aux auteurs de copies illégales.

Selon l'Association des audionautes (Ada), "cette décision fait de la loi DADVSI (droits d'auteurs et droits voisins dans la société de l'information, ndlr) le texte le plus dur jamais passé dans le monde".

"Ramené le curseur au point de départ"

Saisi par un groupe d'une soixantaine de députés au nom de la liberté de l'internaute de copier pour un usage privé les oeuvres proposées sur le net, le Conseil constitutionnel a renforcé les sanctions qui visent les pirates.

"La décision du Conseil a ramené le curseur au point où se trouvait le projet de loi le 21 décembre 2005, avant d'être débattu par le Parlement", assure Bruno Ory-Lavollée, directeur de la Société civile pour l'Administration des droits des artistes et musiciens (Adami), interrogé par l'AFP. Pour lui, il s'agit d'un retour "consternant" à la case départ.

De nouveau, "la menace de la prison"

"Consternation", c'est également le sentiment exprimé par Lionel Thoumyre, responsable des nouvelles techniques à la Spedidam (Société de perception et de distribution des droits des artistes-interprètes musique et danse). Selon lui, avec la loi ainsi amendée, "dix millions d'internautes sont à nouveau sous la menace de la prison".

Même réaction pour l'union de consommateurs UFC-Que choisir. Selon elle, le Conseil a "balayé la fausse promesse du ministre de la Culture de ne pas jeter en prison" ceux qui copient des oeuvres musicales ou cinématographiques grâce à un logiciel d'échange "pair à pair" (peer to peer, P2P).

L'une des principales décisions du Conseil est de considérer comme inconstitutionnel un article du texte prévoyant que les actes de téléchargement illicites commis à l'aide de logiciels P2P sont considérés comme de simples contraventions. Le Conseil assimile ces actes aux autres formes de piratage opérés sur un mail, un blog ou tout autre moyen de communication en ligne, susceptibles, eux, de peines de prison.

Selon Lionel Thoumyre, toute "l'économie" de la loi est ainsi remise en question. De son côté, Bruno Ory-Lavollée dénonce un "principe de prohibition absurde et totalement décalé et un échec annoncé des sanctions". Pour Aziz Ridouan, président de l'Ada, le ministre de la Culture et de la Communication Renaud Donnedieu de Vabres "est à l'origine d'un texte liberticide" à cause duquel "les 12 millions d'internautes français risquent 5 ans de prison et 500.000 euros d'amende chaque fois qu'ils téléchargent un fichier sur internet".

Les maisons de disques satisfaites

Telle qu'amendée par le Conseil, la loi satisfait la SCPP (Société civile des producteurs phonographiques), le Snep (Syndicat national de l'édition phonographique, qui regroupe notamment les grandes maisons de disque), la Société civile des Auteurs-réalisateurs-producteurs (ARP) et la Société des auteurs-compositeurs dramatiques (SACD), pour qui la décision du Conseil "renforce la protection de la propriété intellectuelle" et "consacre la légitimité du droit des auteurs".

Cependant l'ARP et la SACD "regrettent" l'abandon d'une réponse graduée au téléchargement illicite, remplacée, selon eux, par "une répression massive".

Le ministère lui-même "regrette que la saisine des députés de l'opposition ait eu pour conséquence de rétablir les peines de prison pour les internautes" et annonce qu'il va saisir le garde des Sceaux "afin que les poursuites soient orientées vers les cas les plus graves".

le 28 juillet 2006 à 18:07
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34 Commentaires

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  • G, le 31/07/2006 à 20h39

    A Eric : C'est un avant gout de ce que ca va etre avec sarkozy...votez bien en 2007.. Je sais pour qui je voterais en 2007...et je compte continuer les DL...par contre : BOYCOTT TOTAL . Messieurs les majors,ministre,a vouloir faire les malins,vous allez vous en mordre les dents :)

  • Bomber X, le 31/07/2006 à 14h28

    Je ne me reconnait plus dans cette France devenue liberticide et réactionnaire où le legislatif et l'executif sont passés avec armes et bagages à la solde des pouvoirs financiers, ils vendent les biens de l'état à leurs amis et pressurent de plus en plus la France d'en bas. L'avertissement de 2002 ne leur à servi à rien, c'est toujours le grand guignol "là haut".

  • Corso, le 31/07/2006 à 12h25

    Lorsque tout devient réglementé, il n'y a plus de liberté. D'autre part, punir 10 millions d'internaute sera tellement impopulaire qu'aucun homme politique n'osera faire appliquer cette loi! Alors pourquoi essayer de faire peur, bloquer un mécanisme et ne pas essayer de trouver un vrai compromis? C'est l'ensemble des moyens (et non le principe) de paiement des artistes qu'il faur revoir! Un peu d'effort, messieurs les poliliciens!

  • Nicedeville, le 31/07/2006 à 12h02

    Nous n'avons plus aucune liberte dans notre societe ..et meme dans notre monde virtuel...

  • Will, le 30/07/2006 à 19h27

    Il faut changer le model : passer de l'achat à l'abonnement. 10 €uros/mois soit 120 €uros part ans (2 fois plus que le budjet disque des français)pour un télégargement ilimité.

  • Jean, le 30/07/2006 à 13h13

    En 2007 je m'en souviendrais...

  • Seb, le 29/07/2006 à 20h23

    Marrant, cet article se base entièrement sur l'aspect de la décision du Conseil Constitutionnel qui me dérange le moins. IL a jugé, et je suis d'accord avec lui, que des fautes similaires doivent entraîner des sanctions similaires (reste quand même que 300k € d'amende et 3 ans de prison, ça fait un peu beaucoup pour avoir téléchargé quelques fichiers, mieux vaut se reconvertir le blanchiment d'argent (http://www.rtl.fr/info/article.asp?dicid=161359), c'est moins risqué). Et de cette façon au moins, en cas de procès, c'est le plaignant qui doit prouver la culpabilité de l'accusé, et non l'accusé qui doit prouver son innocence, situation vers laquelle ont se dirigeait avec la "réponse graduée" (procédure automatique façon radars). Ce qui m'inquiète plus, c'est que le droit à la copie privée n'est plus garanti (les MTP sont autorisés à limiter ce droit à 0 copie). Il n'est plus possible non plus de contourner une MTP pour raison d'interopérabilité : si on remplace son ipod par un baladeur Sony par exemple (ou inversement, ça marche aussi), il faut racheter toute sa médiathèque. Quant à l'avenir du logiciel libre, les éditeurs de MTP ont le droit de leur refuser la communication des renseignements techniques et de les soumettre à péage : ça va être pratique, maintenant, de lire des fichiers multimedia sur autre chose que Windows ou MacOS.

  • Lafont, le 29/07/2006 à 17h24

    On sait maintenant ou est le peuple et ou est la France d'en haut celle qui nous gouverne sans ecouter le bon sens de citoyens responsables mais l'argent est mieux pour celui qui le possède et puis tant pis pour cette France de petits salaires , de minables tout simplement , instruisons les comme nous le voulons merci beucoup monsieur le ministre en fait nous allons voter, je crois que vous allez vous en souvenir !!!!!!

  • Steph, le 29/07/2006 à 15h22

    Nul doute qu'il y a eu du graissage de patte la dessous. L'industrie du disque a du arroser copieusement les deputes et les senateurs...

  • Eric, le 29/07/2006 à 12h24

    La France devient le pays le plus répressif du monde et tout le monde s'en fout. Réveillez-vous !

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