
Catherine, plus connue sous le nom de "Petite anglaise" a été licenciée pour avoir tenu un weblog (voir notre article). Alors que la presse britannique s'est emparée de l'affaire et que les blogueurs français lui manifestent leur soutien, elle a répondu aux questions de lci.fr. Quels sont les motifs de licenciement avancés par votre employeur ?
Catherine : Dans la lettre qu'il m'a adressée, il avance trois points. Il estime d'abord que j'ai nui à l'image de l'entreprise. Pour cela, il évoque une photo de moi parue dans un article du Parisien sur mon blog, grâce à laquelle quiconque pourrait selon lui me reconnaître et faire le lien avec l'entreprise, que j'avais certes évoquée, mais sans jamais la citer.
Ensuite, il me reproche d'avoir pris des congés "garde d'enfants" pour autre chose que garder ma fille. Ce sujet montre à quel point ils ont épluché mon weblog. Ils ont tout lu, tout étudié scrupuleusement : pour trouver cette histoire, ils ont comparé mes feuilles de congés avec des faits relatés sur mon site plusieurs mois après.
Enfin, ils me reprochent d'avoir blogué sur mes heures de travail, et s'appuient sur mes logs de connexion. Mais dans le contrat, l'utilisation d'internet à des fins personnelles n'est que "vivement déconseillée". Et d'autres secrétaires du cabinet prennent parfois le temps de lire un passage de roman. Bloguer, c'était une pause.
Pourquoi un tel scrupule ? Pourquoi cette décision, selon vous ?
Pour moi, cela correspond à une réaction émotionnelle. C'est un petit cabinet, mais avec de gros clients, et il tient à sa réputation, qu'ils ont eu peur que j'entache. Seulement, malgré leur argument de la photo, je n'ai jamais donné le moindre indice qui permettrait à quiconque de reconnaître l'entreprise. Certains de mes amis ne savent même pas où je travaille, et nombre de mes lecteurs pensaient que je travaillais pour des avocats, vu que je décrivais mon entreprise comme un "cabinet". J'ai le sentiment qu'ils avaient moins peur de ce que j'avais écrit de ce que j'aurais pu écrire par la suite.
La presse britannique, les weblogs français... comment vivez-vous l'emballement autour de votre cas, tous ces soutiens exprimés ?
Quand le premier article du Telegraph est paru, beaucoup m'ont prévenu du risque d'effet "boule de neige". Je ne m'en suis pas rendu compte, jusqu'à l'avalanche de coups de fils. Je comprends tout à fait la mobilisation des blogs : il y a une empathie, ils sont nombreux à craindre une telle mésaventure.
Ça donne un peu le tournis. Je vais essayer de prendre du recul, et peut-être en profiter pour me lancer dans une nouvelle aventure : ça fait longtemps que mes lecteurs me suggèrent de faire un livre. Avec tous ces articles dans la presse britannique, je vais peut être intéresser quelques agents littéraires... Tirer quelque chose de positif de tout ça.
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