Qui connaît le second site de musique en ligne aux Etats-Unis ? iTunes domine certes ce marché. Mais juste derrière, et donc devant Napster ou Real, un site a réussi une étonnante percée : il s'appelle eMusic, représente 11% des ventes, arrive en Europe et ne fait rien comme les autres.
eMusic a décidé de faire sans DRM (Mesures de protection techniques) : il vend les morceaux au format mp3, encodés en 192 kbps, sans protection aucune. Les acheteurs peuvent les transférer sur n'importe quel baladeur mp3 et les graver sur un CD sans restriction.
Les indépendants, soutien inestimable
Les majors se refusant encore à travailler sans leurs DRM, eMusic s'est associé à une pléthore de labels indépendants (plus de 3800), qui lui permettent de proposer plus de 1,4 millions de titres. Manquent certes la plupart des tubes calibrés pour les radios, mais on y trouve aussi bien Ray Charles, Bob Marley et Thelonious Monk qu'Arcade Fire, les Raconteurs ou Vitalic.
Ayant décidé de se démarquer, eMusic fonctionne selon un système d'abonnement : pour 12,99 €, les utilisateurs peuvent acheter 40 morceaux chaque mois, soit 32 centimes le morceau. Et s'ils ferment leurs abonnements, ils gardent le morceau, contrairement à ce que proposent des services comme Napster ou Rhapsody (voir notre article). Ce système permet à eMusic d'affirmer que ses clients achètent une vingtaine de morceaux par mois en moyenne... contre un ou deux sur iTunes.
Richesse éditoriale
Le succès d'eMusic aux Etats-Unis a été porté par l'absence de DRM : "Bien sûr, nous profitons du succès de l'iPod", explique son PDG David Pakman. "Mais la confusion des consommateurs à l'égard des formats interopérables a également joué en notre faveur", poursuit-il. Ajoutez à cela un riche catalogue, une offre d'essai comprenant 25 mp3 gratuits, vous obtenez la recette d'un succès.
Dernier ingrédient : l'éditorial. eMusic met en avant son catalogue, grâce à une équipe de 120 journalistes qui sélectionnent et critiquent les nouveaux albums disponibles avec une grande pertinence. Ainsi, ils ont su s'attirer les faveurs des magazines et weblogs musicaux indépendants qui ont largement contribué au succès du site.
Depuis ce lundi, eMusic est disponible en Europe. Avec la même recette qu'aux Etats-Unis. Ce pourrait être l'outsider surprise de cette fin d'année...







