La page d'accueil du site d'Universal Music GroupA l'heure où les maisons de disques cherchent le modèle qui leur permettra de vendre leur musique en ligne et pestent contre la "culture du gratuit" encouragée par le téléchargement sur les réseaux peer-to-peer, l'annonce faite hier par Universal Music ne pouvait que faire grand bruit. La major a annoncé avoir passé un contrat avec SpiralFrog, une société américaine proposant... le téléchargement gratuit contre de la publicité.
Une major qui pourfend la gratuité se mettrait donc au gratuit... Révolutionnaire en apparence. Mais peu d'informations ont filtré : le service ne sera pas lancé avant le mois de décembre, aux Etats-Unis et au Canada. Il permettra aux internautes de télécharger des morceaux gratuits, le service étant donc financé par la publicité. Mais encore faudrait-il qu'elle soit acceptée : elle consisterait en inserts de 90 secondes avant chaque chanson, et l'utilisateur serait obligé d'aller en voir d'autres sur le site pour garder son abonnement.
Des morceaux gratuits, mais protégés
Ce n'est pas tout : selon le site Listening Post, les morceaux seront au format WMA, donc protégés par des DRM (voir encadré). Les clients ne pourront pas les graver, ni les envoyer, et ne pourront les stocker que sur certains modèles de baladeurs mp3. On peut même craindre une limitation dans le temps. "Ce pourrait être le modèle adopté : obliger les internautes à voir de la pub pour avoir le droit d'écouter ou de réécouter les morceaux", estime Philippe Astor, journaliste à Music Info Hebdo.
Pour lui, cette annonce n'est pas si importante qu'on le pense : "Cela pourra servir de plate-forme d'appel. Napster expérimente déjà un tel service, avec dans l'idée de pousser les gens à s'abonner à leurs services quand ils seront fatigués de la publicité. Mais je n'imagine pas un tel service constituer un mode de diffusion ou de financement à part entière", explique-t-il.
Le partenariat Universal / Spiral Frog tiendra surtout de l'expérimentation : depuis quelques mois, les quatre majors s'essayent à tous les nouveaux modèles, histoire de ne pas rater la prochaine révolution. Fin juillet, EMI avait par exemple décidé d'ouvrir son catalogue numérique à la plate-forme de peer-to-peer légal Mashboxx. Comme le disait bien un responsable d'Universal mardi : "C'est un modèle supplémentaire et légal d'accès à la musique sur internet, car nous savons que les consommateurs aiment pouvoir acheter de différentes manières". En d'autres termes : nous ne savons pas trop ce qui marchera, pourquoi ne pas essayer tout ce qui semble intéressant ?
| Les DRM, mesures de protection techniques |
DRM est un acronyme pour "Digital Rights Management", ou "mesures de protection techniques". Il désigne des technologies permettant de contrôler l'usage qui est fait de fichiers numériques. Les DRM peuvent empêcher la copie d'un fichier, limiter son usage dans le temps, restreindre son utilisation. |
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