1 million de dollars sans maison de disques

Par Christophe ABRIC, le 04 octobre 2006 à 15h58 , mis à jour le 04 octobre 2006 à 18h12

En vendant son dernier album en de multiples formats sur son propre label, le groupe Barenaked Ladies veut servir de modèle pour l'avenir.

Le site des Barenaked Ladies, clé de voute de leur succèsLe site des Barenaked Ladies, clé de voute de leur succès © DR

Le groupe Barenaked Ladies et son manager Terry McBride ont commencé la semaine en fanfare avec deux communiqués de presse triomphants : les chiffres de vente de leur nouvel album sont excellents, et confirment que leur pari était le bon. Ils se sont passés d'une maison de disques et ont malgré cela gagné 978.127 $ la première semaine de vente de leur album.

Pour sortir leur dernier album, Barenaked Ladies are Me, les membres du groupe ont décidé de se prendre en main. Ils ont monté leur propre structure, Desperation Records, et ont suivi les conseils de Terry McBride, un manager aux idées révolutionnaires : plutôt que de se contenter d'une sortie sur disque, le groupe a multiplié les formats.

CD, vinyle, clé USB...

L'album est donc sorti en CD, mais aussi en format numérique, au téléchargement ou sur clé USB, en vinyle, ainsi que dans une version inédite comprenant 27 morceaux, le tout sans protection contre la copie. Fort de cet éventail de médias, le groupe se permet de railler les classements traditionnels : "Le succès d'un album ne peut plus se mesurer à l'aune des ventes d'objets physiques", explique un communiqué du groupe, alors que le disque est arrivé 13e des charts aux Etats-Unis avec 36.811 albums vendus et 7° au Canada avec 8008 albums.

Cinq dollars par disque

Il est vrai que le décalage est manifeste : environ 40,000 albums vendus d'un côté, des revenus approchant le million de dollars de l'autre. "Environ 30% des ventes manquent à l'équation des charts américains", estime le groupe, qui se félicite également d'avoir choisi un modèle qui leur rapporte plus : au moins 5$ par ventes, contre quelques cents s'ils étaient passés par une maison de disques.

Un modèle pour l'avenir ? Terry McBride en est convaincu : "Les labels dirigés par les artistes sont le futur. Si nous pouvons convaincre les groupes d'adopter ce modèle, l'industrie en sera bouleversée". Pour les convaincre, il a déjà un slogan : "nous vendons de la musique, pas des disques".

Par Christophe ABRIC le 04 octobre 2006 à 15:58
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