Le mariage difficile entre la musique et la vidéo sur internetOn trouve de tout sur YouTube, le site de partage de vidéos consacré par le magazine Time comme le phénomène web de l'année : des ados parlant à leur webcam, des mini-clips animés produits par de petits talents en herbe, mais aussi des vidéos musicales, des événements sportifs ou des extraits d'émissions mis en ligne par les internautes sans l'accord des ayant droits.
Cette dernière catégorie pourrait embarrasser Google, qui a acheté YouTube le mois dernier pour la somme record de 1,65 milliards de dollars en actions. Le risque est lourd pour le moteur de recherche : s'attirer les foudres des grands médias et des maisons de disques dont le contenu est ainsi utilisé sans leur accord, et ne pas pouvoir rentabiliser YouTube par la publicité.
Négociations et participations
Le site a déjà connu ses premières demandes de retrait de contenu : le Bayern de Munich, la NBA ou la chaîne CBS ont ainsi demandé à YouTube de retirer des vidéos mises en ligne sans leur accord.
YouTube s'exécute pour l'instant, sans pour autant pouvoir empêcher les internautes de continuer de mettre en ligne des vidéos illégalement. Dans le même temps, Google met les bouchées doubles pour régler les possibles contentieux. Selon le Financial Times, la compagnie négocie à tour de bras avec les ayant droits et les producteurs pour les convaincre de diffuser leurs contenus sur YouTube. Mieux encore : selon le blogueur et entrepreneur Mark Cuban, Google échangerait des actions de YouTube pour obtenir ces partenariats. Ainsi, ceux obtenus avec Sony BMG, Universal et Warner l'auraient été en échange d'une participation de 50 millions de dollars chacune.
Le spectre de Napster
L'opération est bien plus intéressante qu'un éventuel partage des revenus publicitaires, le modèle de revenus de YouTube étant loin pour l'instant d'être établi... Cela révèle à quel point il est urgent pour Google de régler ces questions, sous peine de voir YouTube souffrir d'un destin à la Napster, vidé de son contenu et de son attrait par une série de poursuites en justice.
Comme pour Napster cependant, tout le monde aurait à perdre à laisser les choses en l'état : si les ayant droits multipliaient les poursuites, le risque serait grand de voir les internautes fuir vers plusieurs sites concurrents pour continuer à partager leurs vidéos. Et les maisons de disques comme les grands médias ont bien compris que certes, leurs droits y sont souvent violés, mais que YouTube peut contribuer grandement au succès de leurs émissions ou de leurs artistes. Il leur faut juste pouvoir contrôler la chose et mesurer la balance entre respects de leur droits et viralité. Google compte bien les y aider...
Retour MYTF1
Chargement en cours...




