
Une partie de l'argent que débourseront les acheteurs du Zune, le nouveau baladeur multimédia de Microsoft, sera reversée directement à la major Universal Music Group (UMG). La firme de Redmond a annoncé hier la signature d'un contrat selon lequel elle reversera une partie de ses recettes en échange d'une licence lui permettant de vendre et d'exploiter le catalogue de la maison de disques. UMG devrait toucher 1$ pour chaque baladeur vendu à environ 250$.
Vers un nouveau modèle ?
Cet accord pourrait changer la donne dans le domaine de la musique en ligne : le modèle établi était jusqu'ici celui imposé par Apple, qui ne reversait de l'argent aux maisons de disques que sur les morceaux vendus sur l'iTunes Music Store. Seulement, à l'époque où Apple a lancé l'iPod, l'industrie musicale ne penserait pas que la marque à la pomme vendrait autant de baladeurs, et si peu de morceaux en ligne.
Car si l'iTunes Music Store est un succès, il n'en reste pas moins qu'il ne s'est vendu qu'une moyenne de 20 morceaux par iPod, alors que le baladeur peut en stocker des milliers. Les maisons de disques ont le sentiment de s'être faites flouer, et estiment que les lecteurs mp3 sont principalement pour écouter de la musique "volée".
Pour Universal, cet accord est donc une évolution naturelle : "J'espère que l'industrie technologique et l'industrie des contenus comprendront vite à quel point leur avenir est lié", expliquait ainsi son directeur général Doug Morris il y a peu. Il pourrait ainsi donner lieu à l'émergence d'un nouveau modèle, Universal déclarant que des partages de revenus similaires pourraient être envisagés avec d'autres constructeurs, y compris dans la téléphonie mobile. Doug Morris a également affirmé qu'il comptait, du coup, renégocier son contrat avec Apple.
En France, déjà une redevance
Pour Microsoft, ce n'est pas une idée sortie de nulle part : "nous y pensons et en considérons les implications économiques depuis le début", a expliqué un responsable. Elle était d'autant plus nécessaire que le Zune permettra l'échange (certes limité) entre utilisateurs, et à l'heure où les maisons de disques voient leurs ventes de disques continuer de chuter. "Ces baladeurs sont utilisés pour jouer des contenus qui n'ont pas été payés", explique David Geffen, fondateur du label du même nom. "Les maisons de disques vont enfin être payées pour ces appareils stockant la musique copiée".
En France, une redevance pour copie privée est déjà prélevée sur tous les moyens de stockage, du disque vierge au baladeur en passant par le disque dur amovible, afin de compenser le piratage. Elle est recueillie par la Sorecop (Société de Perception et de Répartition de la Rémunération pour la Copie Privée Audiovisuelle), et reversée aux auteurs, interprètes et producteurs.
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