Le disque français contre les sites russes

le 11 janvier 2007 à 18h21 , mis à jour le 11 janvier 2007 à 18h43

Prenant la suite des majors américaines, les producteurs français poursuivent à leur tour allofmp3.com. Ils ont par ailleurs fait fermer des serveurs pirates.

Allofmp3 profite d'un flou juridiqueAllofmp3 profite d'un flou juridique

Les producteurs de disques français ont assigné en justice deux sites internet russes, allofmp3.com et mp3sugar.com, qui mettent à disposition des albums sans autorisation de la Société civile des producteurs phonographiques (SCPP), a indiqué cette dernière jeudi. La SCPP a assigné devant le tribunal de grande instance de Nanterre les sociétés Media Services et X-Media Limited, qui exploitent ces sites.

Allofmp3.com, qui commercialise de la musique à prix réduits (des albums complets pour environ 2 dollars, soit cinq fois moins que le site d'Apple iTunes, le leader du marché), est depuis plusieurs mois dans le collimateur de l'industrie musicale internationale. Les Etats-Unis estiment même que ce site constitue un obstacle à l'entrée de la Russie dans l'Organisation mondiale du commerce (voir notre article).

Des serveurs fermés

Par ailleurs, la SCPP a mis en demeure des personnes qui exploitent en France des serveurs sur les réseaux peer-to-peer Edonkey et DirectConnect de mettre fin à leur activité. Vingt-neuf mises en demeure ont été envoyées et seize serveurs ont ont été fermés, selon la SCPP. Cela a entraîné le retrait de plus de 23 millions de fichiers musicaux qui étaient jusque-là disponibles sur ces réseaux.

La SCPP estime que "la fermeture des 16 serveurs devrait avoir un effet très substantiel sur la piraterie du répertoire national", puisqu'une part importante des chansons françaises qui étaient disponibles sur ces sites ne le sont pas sur des sites étrangers. La SCPP entend désormais "privilégier les actions contre les opérateurs techniques" (éditeurs de logiciels, intermédiaires techniques...) dans sa "lutte contre les actes de contrefaçon sur internet".

Mais elle ne renonce pas pour autant aux actions envers les particuliers, pénales (pour les plus gros usagers des réseaux P2P) ou civiles. Dans la deuxième catégorie, depuis septembre 2006, 30 particuliers ont vu leur abonnement à internet interrompu par leur fournisseur d'accès à la demande de la SCPP.

D'après l'AFP

le 11 janvier 2007 à 18:21
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2 Commentaires

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  • Seb, le 12/01/2007 à 05h33

    Petite rectification. La fermeture des serveurs E-Donkey français n'a entraîné le retrait d'aucun fichier, vu que ces serveurs n'hébergent en général pas de fichiers mais ne font qu'indexer les sources pour une recherche plus rapide. Les 23 millions de fichiers en question sont toujours accessibles depuis les serveurs E-Donkey (et je parle du réseau E-Donkey, pas du logiciel qui lui a donné son nom) toujours ouverts et son pendant décentralisé (donc sans serveur à fermer) Kademlia. Un coup dans l'eau pour la lutte contre le piratage (un de plus).

  • Joe, le 11/01/2007 à 20h10

    Bon sang, quel article truffé d'erreurs ! Déjà les "serveurs pirates" étaient tout à fait légaux ; DADVSI a juste créé une obligation de filtrage. La SCPP a utilisé un pur pouvoir de menace pour pousser les hébergeurs à les fermer. A noter que la SCPP a refusé de fournir une liste des fichiers à filtrer (ou des auteurs, titres...). Aussi, "le retrait de plus de 23 millions de fichiers" !!! Encore une méconnaissance totale du réseau, il existe des centaines d'autres serveurs et, comble de l'ironie, eMule fonctionne aussi sans serveur grâce à Kad. Les fichiers ne sont pas sur les serveurs, ils n'ont pas disparus !

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