Le Midem est le rendez-vous annuel de l'industrie musicale à CannesLorsque les formats numériques ont commencé à s'imposer, le milieu de la musique a d'abord réagi agressivement, cherchant la meilleure façon de lutter contre le mp3 et les réseaux peer-to-peer. C'était au début du siècle, et au Midem, le grand rendez-vous annuel de l'industrie à Cannes, et les professionnels avaient la mine grise.
Quelques années plus tard, Napster était rentré dans le rang et le succès d'iTunes et de l'iPod avait redonné du rose aux joues de l'industrie : au Midem, le numérique était star. Certes, il fallait continuer à se battre contre le piratage, mais le disque voyait enfin dans internet un moyen de pallier la terrible baisse de vente des CD.
La musique en ligne stagne
Le Midem 2007 s'est ouvert en fin de semaine dernière, et il inaugure une nouvelle phase. C'est la fin de l'euphorie : si les ventes de musique au format numérique ont continué de progresser, elles ont marqué le pas, et leur croissance a été bien plus faible en 2006 qu'en 2005. L'industrie se pose donc des questions... quitte à revenir sur les modèles et stratégies adoptés ces dernières années.
Les DRM, mesures de protection techniques, sont ainsi doucement remis en question. Ces verrous technologiques censés prévenir le piratage ont surtout eu pour effet de gêner les consommateurs qui se détournent peu à peu.
Oublier les protections ?
Les partenaires des maisons de disques ont déjà compris : en France, la Fnac et Virgin commencent à proposer des mp3 à la vente, sans restriction (voir notre article). Au Midem, la question est omniprésente et s'ils ne l'avouent pas ouvertement, les dirigeants des majors admettent que le modèle va devoir évoluer. Plusieurs dirigeants de constructeurs affirment au Midem qu'au moins une major va se lancer dans l'aventure mp3 cette année, selon le New York Times. "En privé, on sent les signes d'une appréciation inédite pour les versions non protégées", explique le quotidien américain.
Signe des temps, une conférence s'est tenue dimanche avec pour thème "DRM : en avons-nous vraiment besoin ?". Même le président de la puissante MPAA, syndicat des studios hollywoodiens, a admis que "les DRM ne sont peut être pas encore assez bons". La Consumer Electronics Association estime pour sa part que "les producteurs de contenus qui autorisent la diffusion de leurs œuvres sans DRM rencontreront le succès". Tout est dit : si la musique se détourne des DRM, ce n'est pas tant parce que sa philosophie a changé que parce que le consommateur y semble réfractaire. Et après tout, autant essayer de vendre ce que le consommateur est prêt à acheter...
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