DRM : les majors ironisent ou s'énervent contre Apple

Par Christophe ABRIC, le 09 février 2007 à 17h16 , mis à jour le 09 février 2007 à 18h06

Quelques jours après que Steve Jobs a déclaré vouloir la fin des DRM, les maisons de disques réagissent.

TF1 / LCI iTunes 7iTunes 7 - Selon La Tribune, les offres de téléchargement payantes situées hors de France sont bénéficiaires © Apple

Mardi, Steve Jobs publiait une lettre dans laquelle il invitait les majors à arrêter les DRM (mesure de protections techniques) sur les morceaux de musique en vente au téléchargement. Un tel coup d'éclat ne pouvait que provoquer des remous : trois jours plus tard, tout le monde avait quelque chose à en dire.

Les maisons de disques, premières concernées, n'ont pas manqué à l'appel. Interviewé par lci.fr, le président du SNEP Hervé Rony jugeait qu'il s'agissait d'une "opération de communication" de la part d'Apple, et affirmait qu'il "n'était pas question d'abandonner les DRM".

La RIAA ironique ?

Aux Etats-Unis, la réaction a été la même. "Nous n'abandonnerons pas les DRM, ni ne désavantagerons les services qui implémentent avec succès les DRM à la fois pour contenus et les consommateurs", a ainsi martelé Edgar Bronfman, PDG de Warner Music. La RIAA, syndicat de l'industrie musicale aux Etats-Unis, a eu une réponse plus ambiguë : dans une lettre officielle, elle se félicite qu'Apple "offre d'ouvrir Fairplay (sa technologie de DRM) aux autres sociétés high tech. (...) Cela permettrait enfin l'interopérabilité que nous attendons tous depuis longtemps".

Ironie ? Naïveté ? On peut se le demander, car la lettre de la RIAA se félicite d'une option que Steve Jobs avait volontairement écartée, en expliquant qu'ouvrir son DRM aux autres n'était en aucun cas la solution.

Des essais chez EMI

Reste que si Warner s'énerve, d'autres ont déjà envisagé l'abandon des DRM. Selon plusieurs sources dans le secteur, la maison de disque EMI envisagerait de vendre des morceaux sans verrous. Elle aimerait cependant obtenir en contrepartie des avances sur recettes de la part des boutiques de musique en ligne.

Un porte-parole d'EMI a confirmé, tout en rappelant qu'EMI avait déjà mené quelques expérimentations dans ce sens : "les résultats ont été positifs. Le manque d'interopérabilité entre le nombre croissant d'appareils et les plate-formes numériques musicales devenait de plus en plus problématiques pour le consommateurs".

De l'autre côté, on n'est pas plus tendre envers le patron d'Apple. DVD Jon, célèbre hacker qui avait "craqué" la protection Fairplay, estime que Steve Jobs est de mauvaise foi quand il explique qu'ouvrir son système le rendrait plus fragile : "les DRM de Microsoft ont été ouverts à d'autres sociétés et n'en sont pas plus faciles à craquer", explique-t-il. Surtout, il finit un billet de son blog par ce simple conseil : "l'action pèse plus lourd que les mots, Steve".

Par Christophe ABRIC le 09 février 2007 à 17:16
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3 Commentaires

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  • Frederic feret, le 14/02/2007 à 04h30

    Oui bien sur les Protection de video et musique: c'est bien pour les droits d'auteurs, distributeurs, etc. Mais ces protections ne sont compatibles qu'avec le systeme d'exploitation Microsoft ou des lecteurs de salons avec puces specialisé. Les systemes Linux, Mac os X, materiels de salon, palladeurs avec des microprogrammes à base de mini linux(la majorité des lecteur divx de salon et balladeurs) ne sont pas compatible avec ces protections. De plus ce systeme DRM est un systeme propritétaire et fermé, donc sur aucun systeme open sources! conclusion: pour avoir acces à ces productions, il reste le telechargement illegal. à oui au faite le DRM intégré dans Vista est entierement contournable(et oui deja!!)

  • Synnaeve, le 13/02/2007 à 11h25

    La question n'est même pas là ! La musique devrait être en téléchargement gratuit et libre. Le CD chez coûte entre 15 et 25 ? en moyenne ! Acheter un disque = avoir payé les droits et engraissé les majors. Quand je vois, dans le classique, EMI mettre sur le marché des CD rouge et noir à 9 ?, qui ne sont que des enregistrements de galettes des années 70 vendues à 40 F ! Passer la galette de 40 F, à 60 F le CD qui ne coûte presque rien à la fabrication, c'est bien du VOL organisé.

  • O le Bot, le 09/02/2007 à 20h07

    Il est important de préciser que contrairement à la tendance des autres acteurs clés du secteurs, seule Warner campe sur sa position quant à maintenir les DRM. Ses concurrents lorgnent ou expérimentent. Votre article me semble lacunaire et orienté.

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