iTunes 7 - Selon La Tribune, les offres de téléchargement payantes situées hors de France sont bénéficiaires © AppleMardi, Steve Jobs publiait une lettre dans laquelle il invitait les majors à arrêter les DRM (mesure de protections techniques) sur les morceaux de musique en vente au téléchargement. Un tel coup d'éclat ne pouvait que provoquer des remous : trois jours plus tard, tout le monde avait quelque chose à en dire.
Les maisons de disques, premières concernées, n'ont pas manqué à l'appel. Interviewé par lci.fr, le président du SNEP Hervé Rony jugeait qu'il s'agissait d'une "opération de communication" de la part d'Apple, et affirmait qu'il "n'était pas question d'abandonner les DRM".
La RIAA ironique ?
Aux Etats-Unis, la réaction a été la même. "Nous n'abandonnerons pas les DRM, ni ne désavantagerons les services qui implémentent avec succès les DRM à la fois pour contenus et les consommateurs", a ainsi martelé Edgar Bronfman, PDG de Warner Music. La RIAA, syndicat de l'industrie musicale aux Etats-Unis, a eu une réponse plus ambiguë : dans une lettre officielle, elle se félicite qu'Apple "offre d'ouvrir Fairplay (sa technologie de DRM) aux autres sociétés high tech. (...) Cela permettrait enfin l'interopérabilité que nous attendons tous depuis longtemps".
Ironie ? Naïveté ? On peut se le demander, car la lettre de la RIAA se félicite d'une option que Steve Jobs avait volontairement écartée, en expliquant qu'ouvrir son DRM aux autres n'était en aucun cas la solution.
Des essais chez EMI
Reste que si Warner s'énerve, d'autres ont déjà envisagé l'abandon des DRM. Selon plusieurs sources dans le secteur, la maison de disque EMI envisagerait de vendre des morceaux sans verrous. Elle aimerait cependant obtenir en contrepartie des avances sur recettes de la part des boutiques de musique en ligne.
Un porte-parole d'EMI a confirmé, tout en rappelant qu'EMI avait déjà mené quelques expérimentations dans ce sens : "les résultats ont été positifs. Le manque d'interopérabilité entre le nombre croissant d'appareils et les plate-formes numériques musicales devenait de plus en plus problématiques pour le consommateurs".
De l'autre côté, on n'est pas plus tendre envers le patron d'Apple. DVD Jon, célèbre hacker qui avait "craqué" la protection Fairplay, estime que Steve Jobs est de mauvaise foi quand il explique qu'ouvrir son système le rendrait plus fragile : "les DRM de Microsoft ont été ouverts à d'autres sociétés et n'en sont pas plus faciles à craquer", explique-t-il. Surtout, il finit un billet de son blog par ce simple conseil : "l'action pèse plus lourd que les mots, Steve".
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