Un jeu vidéo mythique : Space Invaders. © DRLe jeu vidéo respire. Après avoir essuyé un refus incompréhensible du Sénat, l'industrie a enfin obtenu le crédit d'impôt qu'elle réclamait depuis des mois. Cette mesure a été votée dans la nuit de mardi à mercredi, la semaine dernière, dans un amendement au projet de loi sur la télévision du futur. Pour l'Association des Producteurs d'œuvres Multimédia (APOM), c'est un moment historique : "La première pierre vers la reconnaissance culturelle et le développement économique des entreprises vient d'être posée", se félicite l'APOM dans un communiqué.
"Son application effective dépend désormais de Bruxelles", poursuit le communiqué. L'Europe doit en effet reconnaître le jeu vidéo comme un produit culturel avant d'approuver cette mesure, dans le souci d'éviter des "distorsions excessives de la concurrence". C'était cet enjeu européen qui avait freiné les sénateurs en décembre dernier (voir notre article), et c'est au contraire pour donner un signal fort (et ne pas perdre de temps) que les députés ont voté l'amendement.
Jusqu'à 20%
Grâce au crédit d'impôt, une partie des sommes investies dans la production est déduite de l'impôt dû par les sociétés et reportée sur les exercices suivants. Une aubaine pour une industrie qui doit engager des fonds importants au moment du développement, pour n'en toucher les bénéfices qu'à la commercialisation, plusieurs mois, voire plusieurs années après.
"Aujourd'hui, les coûts de production d'un seul jeu peuvent culminer à 20 millions d'euros et beaucoup de PME ne peuvent suivre. Le soutien public remettra donc en marche la créativité française et européenne", explique l'APOM. Ce crédit d'impôt doit permettre de financer les dépenses de production à hauteur de 20%, avec une limite portée à 3 millions d'euros par an et par entreprise.
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