Pourquoi Viacom fait la guerre à YouTube ?

Par Christophe ABRIC, le 13 mars 2007 à 17h05 , mis à jour le 13 mars 2007 à 17h58

Il y a six mois, YouTube semblait filer le parfait amour avec le géant des médias. Pourquoi, six mois plus tard, Viacom l'attaque-t-il en justice ? La réponse s'appelle Joost.

TF1 / LCI L'alliance YouTube et Google et la justiceGoogle et YouTube devant la justice © LCI

L'été dernier, le groupe de médias Viacom et le site de partage de vidéos YouTube s'entendaient à merveille. Le second, pas encore racheté par Google, avait obtenu du premier (propriétaire de MTV et Comedy Central, entre autres) le droit de distribuer certaines de ses vidéos en échange de recettes publicitaires.

A l'époque, le président de Viacom Tom Freston estimait que "collaborer avec YouTube nous donne l'occasion formidable de distribuer notre contenu plus largement sur le web. (...) Ce deal est parfaitement en accord avec notre volonté de distribuer le meilleur contenu à notre public, où qu'il soit". Six mois plus tard, Viacom attaque Google et YouTube en justice, lui réclamant 1 milliard de dollars. Que s'est-il passé ?

Autonomie et contrôle

Entre temps, Viacom a décidé qu'il pouvait se passer de YouTube. Quelques mois après avoir signé cet accord, le groupe de médias le dénonçait pour réserver ses vidéos à ses seuls sites, en permettant aux internautes d'embarquer les films sur leur site, une fonction clef de YouTube.

Il reprochait à YouTube de ne pas le rémunérer assez, de ne pas lui laisser assez de contrôle sur ses contenus, et de ne rien faire contre le piratage. Dans le même temps, Viacom demandait que YouTube retire plus de 100.000 vidéos mises en ligne sans son accord.

Joost perturbe l'équation

Depuis, le filtrage n'a pas été efficace, mais surtout, Viacom a trouvé un partenaire bien plus docile. Alors qu'il dénonçait YouTube, le géant préparait un accord avec Joost, le projet de vidéo en peer-to-peer des fondateurs de Kazaa et Skype. C'est la mariée idéale : alors que YouTube permet à tout un chacun de poster ce qu'il veut et ouvre ainsi la porte au piratage, Joost ne diffuse que les contenus proposés par les sociétés avec leur accord. Un modèle proche de celui de la télévision, qui rassure bien évidemment les producteurs de contenu.

Il semble clair, dès lors, que Viacom a tout intérêt désormais à aider au succès de Joost et le modèle qui va avec. Et le meilleur moyen de s'en assurer n'est-il pas d'attaquer son concurrent direct ? On se dirige lentement vers une guerre des droits sans précédents : tout en subissant les foudres d'une partie des médias traditionnels, YouTube a signé des accords avec des centaines de producteurs indépendants et autres acteurs comme la BBC, espérant convaincre peu à peu de la viabilité de son modèle.

En attendant, faire l'inverse de YouTube semble devenir un bon moyen de se vendre. Microsoft vient de lancer SoapBox, un site de partage de vidéos, et communique lourdement sur sa bonne conduite... histoire, probablement, de convaincre les producteurs de contenus de le préférer à son concurrent.

Par Christophe ABRIC le 13 mars 2007 à 17:05
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1 Commentaires

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  • Regis, le 14/03/2007 à 15h02

    Reponse : pour le pognon! rien de bien nouveau en ce bas monde....

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